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  • : MJCF, Mouvement des Jeunes Communistes de France, JC seclin, Section du Pévèle Mélantois
  • MJCF, Mouvement des Jeunes Communistes de France, JC seclin, Section du Pévèle Mélantois
  • : Jc Seclin, Blog des Jeunes Communistes du pévèle et du mélantois. Construire la révolution, quotidiennement! Défendre le service public et gagner de nouveaux droits pour les Jeunes! La diversité dans l'unité ! La réflexion dans l'action ! Pour lutter, pour s'organiser, pour défendre un partage des richesses, des pouvoirs et des savoirs : Rejoins la JC !
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Matériel Militant

ARCHIVES DE L UNION DE VILLES
Voici désormais en ligne, en libre accès pour nos lecteurs, l'ensemble du matériel militant utilisé depuis la rentrée de septembre 2007.

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Radio Révolution

13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 16:50
Le Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) vient de prendre connaissance de la condamnation à 10 ans de prison de Samuel Boubane et de neuf autres de ses camarades, par le tribunal de Tambacounda (Sénégal).

A 23 ans, Samuel est le président du Mouvement des élèves et étudiants du Parti de l’indépendance et du travail (MEEPIT, l’équivalent de l’Union des étudiants communistes), l’une des principales organisations étudiantes sénégalaises. Il a été arrêté, suite au kidnapping par les forces de l’ordre d’un membre de sa famille. Il a été mis en cause comme étant l’un des meneurs des manifestations du 23 décembre dans la région de Kedougou au sud-est du Sénégal. Les étudiants avaient organisé cette mobilisation pour protester contre le manque d’emploi pour les jeunes, et le mauvais état des infrastructures. La répression policière a fait deux morts et plusieurs dizaines de blessés. Une fois arrêté, Samuel a été passé à tabac, et blessé. Par cette répression et ces condamnations, le gouvernement conservateur d’Abdoulaye Wade cherche à éviter que ne montent les mouvements sociaux au Sénégal. En juin 2007, l’opposition avait appelé au boycottage des élections législatives, suivie par deux tiers des électeurs, pour protester contre les conditions d’élection d’Abdoulaye Wade, en février 2007. Le Mouvement jeunes communistes de France dont certains membres ont pu rencontrer Samuel lors de voyages de solidarité, est indigné d’un tel jugement. Il apporte toute sa solidarité à Samuel et aux autres détenus, ainsi qu’à l’UJDAN et au MEEPIT, organisations avec lesquelles il travaille au Sénégal.

Retrouvez aussi notre précédent article sur la répression au Sénégal
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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 15:32
Nous, la Coordination de Lutte des Écoles d’Athènes (SASA), nous saluons les manifestations massives de nos collègues en France. Nous exprimons notre solidarité contre les projets que les grandes industries veulent imposer aux écoles. Pour que les réformes conservatives promues par le gouvernement français et également par les gouvernements grecs, selon les directives de l’U.E. ne soient pas imposées.

Les gouvernements sociaux-démocrates et néolibéraux veulent nous mettre à la porte de l’école et renforcer les barrières de classe. Pour que tout cela se passe sans réactions, ils nous terrorisent, ils fortifient la répression étatique et leur politique arment la main des policiers. Ils n’arriveront pas à nous terroriser. Nous, avec nos parents, avec les travailleurs, nous organisons notre lutte, nous la protégeons des mécanismes qui essaient de la calomnier. Ici en Grèce, nous luttons nous aussi pour l’éducation, pour le travail et pour la vie même. Votre lutte nous offre de la force et du courage et nous la considérons comme notre lutte ! Vive la solidarité !
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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 20:45
Le Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) a appris la semaine dernière la répression en vogue dans la région de Kedougou, au Sud-Est du Sénégal. Le 23 décembre, une manifestation se serait soldée par le décès de trois personnes. Un jeune et deux femmes. Lancée par les étudiants, le sort funeste des manifestants n’est pas sans rappeler celui du jeune grec tué à Athènes ce mois-ci. Cette manifestation avait pour objet l’emploi des jeunes et le développement des services publics, deux problématiques que le MJCF a à cœur. Ces questions sont au cœur des rapports fraternels que le MJCF entretien avec l’UJDAN, et sur lesquelles il a pu travailler lors de ses précédents voyages de solidarité, ou lors des Fêtes de l’Humanité. Par ailleurs, nous avons appris la recherche et l’arrestation de plusieurs militants par le pouvoir d’Abdoulaye Wade, celui-là même qui ces derniers jours faisait figure de « sage démocrate » pour la transition politique en Guinée. Nous demandons avec force que cesse cette répression, et demanderons dans les prochains jours aux autorités sénégalaises, de bien vouloir nous fournir des explications. Nous exprimons toute notre solidarité avec la jeunesse sénégalaise en lutte et avec les organisations avec lesquelles nous travaillons.
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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 10:41
Samedi 6 décembre dernier, pendant une patrouille, un jeune de quinze ans a été tué par balles par un policier. La mort de cet adolescent a déclenchée une explosion de colère dans toute la Grèce. Depuis trois jours dans tout le pays, des voitures et des immeubles sont brulés, des vitrines saccagées…

Au-delà de ces derniers faits, la colère et la révolte qui se traduisent aujourd’hui par des émeutes ne sont pas surprenantes. La Grèce connaît depuis quelques années, et surtout depuis le début de la crise, un contexte économique et social extrêmement difficile.


Le pays connait actuellement le plus fort taux de chômage d’Europe, et les attaques frontales de la droite au pouvoir envers les jeunes et les étudiants s’intensifient (hausses des frais d’inscription à l’université, logement de moins en moins accessible, discrimination à l’embauche…), et le gouvernement est mêlé à de nombreuses affaires de corruption, de nombreux scandales politico-financiers.


Les émeutes actuelles s'inscrivent donc dans un contexte de malaise et de mécontentement général de la jeunesse grecque. Des manifestations du monde de l'Education ont ainsi réuni le 9 décembre à Athènes et Salonique plusieurs milliers d'étudiants et de professeurs de collège, de lycée, et d'université ! Ils ont défilé pour dénoncer le manque de moyens dont souffre le système éducatif, un élement d'un malaise social général plus profond encore...

Les jeunes sont en premières ligne face à la crise. La génération des moins de 30 ans est ainsi surnomée "génération 700€" soit le revenu moyen d'une partie de celle-ci.


Dans un tel contexte, il ne faut pas s’étonner que le meurtre d’un jeune homme qui circulait librement dans Athènes puisse entrainer ces incidents violents. De plus, la seule réponse du gouvernement grec est la répression. Les syndicats et les forces de gauche appellent à une grève nationale mercredi 10 décembre contre la politique libérale du gouvernement. Celui-ci a décidé d’utiliser les émeutes qui ont lieu depuis trois jours comme prétexte pour renforcer le dispositif policier lors des manifestations. Il a même menacé de faire intervenir l’armée si la situation ne se calmait pas.


Cela nous rappelle les évènements de 2005, où après la mort de deux jeunes de Clichy, des jeunes des quartiers populaires avaient exprimer leurs souffrances et leurs colères à travers ces actes.

De Clichy à Athènes, la cause est la même : un système injuste qui crée de la misère et de l’exploitation, et la réponse du gouvernement est la même : la répression.

Nous, jeunes et étudiants communistes, sommes particulièrement indignés par le meurtre de cet adolescent par un policier, ainsi que par la répression policière et gouvernementale à l’égard de la jeunesse.

Nous tenons à exprimer toute notre solidarité avec le mouvement social en Grèce et avec la mobilisation nationale de ce mercredi.


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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 10:14

Fin octobre 2008, le Procureur de Philadelphie a saisi la Cour Suprême des Etats-Unis pour contester la décision de la Cour d’appel fédérale qui, en mars dernier, avait annulé la condamnation du journaliste afro-américain Mumia Abu-Jamal à la peine capitale*, sans que celui-ci ne quitte toutefois le couloir de la mort.


* http://www.mumiabujamal.net

 

La plus haute juridiction américaine a donné jusqu’au 19 novembre à l’accusation pour produire son mémoire. Parallèlement, la Cour Suprême a accordé un délai supplémentaire à la défense, reportant la date limite du dépôt de son mémoire au 19 décembre. Pour Maître Robert R. Bryan, l’avocat de Mumia Abu-Jamal, l’objectif est d’obtenir un nouveau procès eu égard au racisme qui a présidé au choix des jurés lors du procès de 1982 (récusation massive des jurés noirs).

« Nous sommes à la croisée des chemins » a déclaré Maître R. Bryan. Ce que demande l’accusation, précise-t-il, « c’est l’annulation pure et simple de la décision d’appel pour que Mumia puisse être exécuté sans même passer par l’obligation d’une décision d’un nouveau jury ».

A n’en pas douter, cet acharnement judiciaire est piloté par le Gouverneur de l’Etat de Pennsylvanie Ed. Rendell, lequel fut en charge, en qualité de Procureur lors du procès de 1982, de requérir la peine capitale contre Mumia Abu-Jamal. C’est lui qui a promis à ses électeurs l’exécution de Mumia dès que les recours judiciaires seraient épuisés !

La situation est très préoccupante : les décisions les plus récentes de la Cour Suprême des Etats-Unis font à l’évidence peu de cas de la vie des hommes. Or, en dernière instance, c’est elle qui décidera de la vie ou de la mort de Mumia.

Sans attendre, l’heure est à la mobilisation pour sauver Mumia et pour éradiquer la peine de mort, aux Etats-Unis et partout dans le monde.

Justice et liberté doivent être rendues à Mumia Abu-Jamal !


Novembre 2008

 

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 12:51
Afghanistan : retrait immédiat des troupes françaises !

Habituellement, lorque des soldats français meurent, les gouvernements cherchent à classer l'affaire au plus vite. Mais cette fois ci, la presse et l’industrie audio-visuelle ontété fortement mobilisées. Et le but de cette grande opération politico-médiatique était de nous convaincre qu’il venait de se passer quelque chose d’exceptionnel. Commes'il ne devait pas y avoir de mort dans une guerre !
Devant les cercueils des soldats, Sarkozy a répété les mensonges officiels destinés à dissimuler les véritables intérêts en jeu en Afghanistan. Il a prétendu que c’est une guerre pour « la liberté du monde ». Mais Sarkozy sait pertinemment que cette guerre n'a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme, ni avec la démocratie. C'est une guerre pour la domination économique et militaire de la région par les Etats-Unis et par d'autres puissances impérialistes moins importantes, dont la France. Tout comme la guerre en Irak, c'est une guerre pour le contrôle des ressources naturelles et des marchés. C'est une guerre pour le profit !


La décision de s’engager davantage en Afghanistan n'obéit à aucune logique militaire proprement dite. Si, malgré leur écrasante supériorité en termes de puissance de feu et de logistique militaire, les Etats-Unis et leurs alliés reculent devant l'ennemi depuis sept ans, ce n'est certainement pas l'envoi de quelques centaines de soldats français supplémentaires qui inversera la tendance. La seule chose qui changera sera le nombre de soldats français qui seront tués, blessés et mutilés dans des combats. Ce sont eux qui paieront – au prix fort – la note de cette opération. Il en serait exactement de même si Sarkozy envoyait 5 ou 10 000 soldats en Afghanistan.

Comme en Irak, le problèmedes impérialistes ne réside pas dans des moyens militaires insuffisants, mais dans leur absence totale de base sociale, dans la population.

La seule perspective réaliste, pour la coalition, est celle d'un long, coûteux et futile enlisement dans une guerre d'usure – qui, après d'innombrables morts et souffrances, se soldera par une défaite.

Le capitalisme ne nous promet d'autre avenir que l'exploitation et la guerre, alors finissons-en avec lui, et du jour en France, en Europe et à travers le monde!


Rassemblement pour le retrait des troupes d'Afghanistan

samedi 20 septembre, à Lille, 14h30 place de la République

APPEL : Quelques semaines après l’arrivée des nouvelles troupes françaises déployées en Afghanistan sur des objectifs militaires, dix soldats français sont tombés et d’autres sont blessés. A mesure que les combats s’amplifient, les bavures se multiplient : les opérations et les bombardements de l’OTAN causent de centaines de victimes civiles, aggravant chaque jour le ressentiment des populations. Le bilan de l’occupation militaire décidée par le Conseil de sécurité en 2001 et assumée aujourd’hui par l’Otan est dramatique. Le pays s’enfonce dans le bourbier de la guerre, de la corruption, de la misère et du trafic de drogue. L’insécurité s’est développée. La brutalité de l’occupation, les multiples « bavures » renforcent les taliban. Les aides internationales promises, quand elles se concrétisent, ne parviennent que rarement aux populations et participent à la corruption généralisée, tandis que d’énormes moyens sont dilapidés dans la guerre et la destruction. Et Sarkozy vient de décider l’envoi de nouveaux renforts.

Il est clair que l’occupation de l’Afghanistan par les troupes de l’OTAN ne vise pas la défense de la démocratie ou du droit des femmes. Elle est au service des visées impérialistes des grandes puissances, à l’opposé de ce qui permettrait une politique internationale fondée sur la solidarité, la coopération des peuples et le respect des droits du peuple afghan.

En s’alignant sur la politique des USA, Sarkozy se fait leur auxiliaire pour faire de l’Union européenne un simple « pilier européen » de l’Otan, source de tensions et de conflits, de guerres comme en Georgie au prix de nouvelles dépenses militaires au détriment des immenses besoins sociaux.

Il n’y a que la mobilisation de tous qui peut mettre fin aux aventures militaires contre les peuples, pour la domination des multinationales et des fonds d’investissement.

Samedi 20 septembre 2008, rassemblement à l’appel du collectif d’organisations dont le PCF, la FSU, le MRAP, le CSP59, le Collectif Afrique, la LDH, la Coordination Communiste, le MJCF, le NPA, l’UEC, le Mouvement de la Paix, l’UJFP, les Alternatifs…

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 13:48
Libération d'Ingrid Betancourt
Réactions


Le « triomphe » des militaires et du gouvernement d'Uribe n'est pas une bonne nouvelle pour nous : C'est une légitimation de la logique guerrière et des pratiques totalitaires. Si nous nous réjouissons pour Ingrid et sa famille, nous pleurons pour le peuple colombien toujours victime du régime d'Uribe.


Une bulle médiatique de plus qui permet d'occulter la para militarisation du régime, la violation quotidienne des Droits de l'Homme, les assassinats systématiques des opposants politiques, syndicalistes, journalistes, défenseurs des Droits de l'Homme. Nous ne pouvons oublier qu'en Colombie, près de quatre millions de personnes ont été déplacées de force à l'intérieur du pays, en majorité à cause des groupes paramilitaires. Ces groupes, qui agissent seuls ou avec des membres des forces armées, ont fait disparaître au moins 15.000 personnes ; ils les ont enterrées dans plus de 3.000 fosses communes ou ils ont jeté leurs cadavres dans les fleuves. Ils ont assassinés plus de 1.700 indigènes, 2.550 syndicalistes et plus de 5.000 membres de l'Union Patriotique (proche du Parti Communiste Colombien). Régulièrement, ils torturent leurs victimes avant de les tuer. Entre 1982 et 2005, les paramilitaires ont perpétré plus de 3.500 massacres et ils ont volé plus de six millions d'hectares de terres. Depuis 2002 et leur supposée "démobilisation", ils ont assassiné 600 personnes chaque année. Ils ont réussi à contrôler 35% du Parlement. De 2002 à aujourd'hui, des soldats de l'Armée régulière ont commis plus de 950 exécutions, la plupart en "maquillant" des paysans en guérilleros. Récemment, en janvier 2008, les paramilitaires ont commis 2 massacres, 9 disparitions forcées, 8 homicides alors que l'Armée a perpétré 16 exécutions extralégales. Depuis le début de cette année, 28 syndicalistes ont été assassinés. En Colombie, les agents de l'Etat et les paramilitaires violent les Droits de l'Homme et le droit humanitaire. De nombreux groupes paramilitaires ne se sont pas démobilisés. Maintenant ils se font appeler "Aigles Noirs". De nombreux para politiques ont des charges publiques ou diplomatiques. En septembre 2007, il y avait 39 affaires. Aujourd'hui, en juillet 2008, il y a plus de 60 parlementaires et hauts fonctionnaires mis en cause dont bon nombre sont en prison). Le président Alvaro Uribe lui-même et son entourage sont mis en cause. L'élection présidentielle de 2006 menace d'être invalidée par une sentence de la Cour suprême de justice après qu'une parlementaire ait été reconnue coupable de subornation par cette même cour. Avec la libération d'Ingrid Betancourt par les militaires, c'est "La Mano Fuerte" qui gagne. Nous ne pouvons que regretter que la guerrilla n'ait pas libérés plus tôt tous les otages. Ou mieux, qu'elle n'ait jamais eu recours aux enlèvements. Cette victoire est un coup terrible pour l'opposition politique démocratique. Il va être encore plus difficile de faire entendre une voix divergente dans ce pays en faveur d'une solution politique du conflit, de l'échange humanitaire des prisonniers, en faveur de la vérité, de la justice et de la réparation intégrale pour les victimes.




Déclaration du PCF après la libération d’Ingrid Bétancourt

Le Parti Communiste Français partage la joie de la famille d’ Ingrid Betancourt. Nous saluons le courage de sa mère, de ses enfants et de tous ses proches qui n’ont cessé de se battre avec ténacité, durant tous ces années, pour sa libération.

Cette joie, Ingrid Betancourt vient de le souligner, ne doit pas faire oublier les centaines de personnes qui restent en captivité dans la forêt colombienne dans des conditions extrêmement dures. Les efforts déployés en faveur d’un accord humanitaire doivent continuer.

Des négociations pour un tel accord sont indispensables. Mais l’exigence d’ une libération unilatérale de la part des FARC s’impose. Ce serait un geste politique significatif en faveur de la paix. Celle-ci, en effet, est toujours à gagner en Colombie. Seuls le dialogue et la négociation peuvent l’ apporter au peuple colombien : une paix dans la justice sociale.

Une paix qui mette fin à l’impunité des auteurs de massacres. Une paix qui puisse permettre aux dizaines de milliers de déplacés par le conflit et les exactions des paramilitaires de retrouver leurs terres.

Le président Alvaro Uribe veut mettre à son profit l’émotion suscitée par cette libération. Les progressistes colombiens rappellent légitimement que le président colombien et un nombre important de ses alliés font l’objet d’ accusations, y compris par la justice colombienne, qui montrent leurs liens avec les groupes para-militaires d’extrême droite.

Le Groupe des pays amis, qui a jusqu’ici travaillé pour un accord humanitaire, doit redoubler d’effort. Il devrait s’élargir à d’autres pays et créer les conditions pour qu’un cadre politique de négociations soit mis en place permettant au peuple colombien de mettre fin à un conflit qui dure depuis bien trop longtemps et qui comporte un risque permanent de déstabilisation régionale.

Le Parti communiste français réaffirme sa solidarité avec les forces progressistes colombiennes et latino-américaines qui agissent pour la paix, pour la justice sociale et de respect des Droits humains. Nous comptons faire tout ce qui est possible pour contribuer aux initiatives en faveur d’un accord humanitaire et d’une issue pacifique et négociée au conflit colombien.

Parti communiste français

Déclaration de Jaime Caycedo, Secrétaire Général du Parti Communiste Colombien


Ingrid Betancourt, trois prisonniers de guerre états-uniens et onze fonctionnaires de l'Armée ont été libérés cet après-midi après une opération militaire, qui s'est déroulé sans effusion de sang, dans une zone limitrophe des départements colombiens de Vaupés et Guaviare.

Ont été libérés, outre l'ex-candidate à la présidentielle, les personnes suivantes : Thomas Howes, Keith Stansell et Marc Gonsalves, entrepreneurs états-uniens travaillant pour le Pentagone, capturés le 13 mars 2003, surpris en pleine opération d'espionnage dans le cadre du Plan Colombia. Les autres prisonniers sont Juan Carlos Bermeo et Raimundo Malagón, lieutenants de l'Armée Colombienne; Erasmo Romero, José Ricardo Marulanda, sergents dans l'Armée; William Pérez, José Miguel Arteaga et Armando Flórez, caporaux dans l'Armée. Vaney Rodríguez, lieutenant de Police. Jairo Durán, et Julio Buitrago, brigadiers de Police. Armando Castellanos, sous-intendant de Police.

Le gouvernement colombien a présenté cette opération comme un triomphe militaire de sa politique de guerre anti-insurrectionnelle. Effectivement, l'opération impliquait des actions de renseignement et d'infiltration qui ont permis, grâce à la ruse, de tromper les gardiens des otages. De juteuses récompenses pour pousser à la désertion à l'intérieur de la guérilla même étaient relayées en permanence par les médias et par des bombardements de propagande dans la zone de conflit. Ils ne tiraient aucune honte à intercepter des communications grâce aux satellites du SOUTHCOM des Etats-Unis [Commandement Sud]. L'opération de sauvetage coïncide avec le moment où le candidat de Bush pour sa succession à la présidence termine sa visite en Colombie.

Il faut se souvenir que les gouvernements Français et Suisses ont envoyé, depuis quelque jours, des contacts sur place destinés à libérer certains de ces prisonniers. Les mouvements des prisonniers, qui viennent de trois groupes différents dispersés dans la jungle, indiquent qu'effectivement, ils étaient en train d'être réunis, peut-être dans le cadre de promesses de libération.

Pour Uribe ce succès représente un soulagement au milieu de la crise politique déclenchée par les procès qu'a lancé la Cour Suprême contre des parlementaires proches du gouvernement et contre l'ex-députée Yidis Medina, condamnée pour des actes avoués de corruption, qui ont été déterminants pour Alvaro Uribe qui a ainsi obtenu la majorité des votes pour sa réélection en 2006. Uribe a proposé de convoquer un réferendum pour renforcer sa légitimité. Dans le même temps, on sait que son objectif est une nouvelle réforme constitutionnelle qui lui permettra d'être réélu en 2010.

La joie naturelle après le succès rencontré ne doit pas faire oublier que de nombreux autres otages restent détenus. Il est clair qu'il s'agit d'un revers mais pas d'une déroute des FARC. Le succès rencontré par les forces gouvernementales ne discrédite pas la nécessité d'un accord humanitaire, qui peut être un pas important vers la recherche d'une sortie politique négociée à cette guerre civile colombienne prolongée. Dans ce sens il faut que la pression nationale et internationale s'accentue pour rechercher une paix démocratique, qui allie justice et sociale et souveraineté.

DECLARATION DE LA COORDINATION POPULAIRE COLOMBIENNE A PARIS

Qui sont les paramilitaires ?

Outre les guérillas, des paramilitaires (ou escadrons de la mort) sont présents en Colombie, dont la plus grande organisation s'appelle Autodéfenses unies de Colombie (AUC). Ces milices luttent contre les guérillas, les militants de gauche, les membres d'associations et les syndicalistes, ainsi que l'ensemble de la population civile, parfois en lien avec le gouvernement colombien. Ainsi des meurtres sont commis contre des opposants politiques et des villages entiers sont déplacés suite à des attaques paramilitaires. Les groupes paramilitaires sont soutenus par les gros propriétaires ruraux, pour éliminer systématiquement toute opposition politique. Bien que les groupes paramilitaires soient en principe illégaux en Colombie, le gouvernement intervient rarement après les attaques paramilitaires contre des civils ; l'armée et la police ont opéré parfois avec certains de ces groupes. Depuis 2006, le « scandale de la parapolitique » éclabousse le gouvernement Uribe, une soixantaine de députés proche d'Uribe ainsi que des membres de l'armée et des services secrets ayant été accusés d'avoir collaborer avec les AUC. Les groupes paramilitaires et l'armée se sont fréquemment croisés sans qu'il n'y ait eu d'action entreprise par l'armée. De plus, 75% des militaires sont favorables aux groupes paramilitaires. Le président Álvaro Uribe Vélez a remporté en Colombie l'élection présidentielle du 27 mai 2002 avec 53 % des suffrages, et 54 % d'abstention. Il a entamé des négociations avec les AUC qui auraient débouché sur la démobilisation, en 2004, de 2500 à 30 000 combattants, en échange d'une quasi-amnistie pour tous leurs crimes. Le processus engagé suscite donc un certain nombre de préoccupations sérieuses concernant les questions de l'impunité, des violations du cessez-le-feu par les AUC et des atteintes aux droits humains graves et nombreuses dont continuaient de se rendre responsables les paramilitaires. Depuis 1999 au plus tard, les AUC ont effectué de fréquentes incursions dans le territoire vénézuélien afin de traquer et d'exécuter les combattants d'extrême-gauche ou leurs sympatisants. Ils sont en outre accusés par les autorités vénézuéliennes de vouloir déstabiliser le gouvernement d'Hugo Chávez, créant des différends diplomatiques avec le pays. Enfin, les chiffres annoncés par le gouvernement concernant le nombre de paramilitaires ayant déposé les armes suscitent des doutes, et des interrogations quant à leur réinsertion. Les forces paramilitaires d'extrême-droite se financent en grande partie grâce aux revenus du trafic de drogue. Cependant, de l'aveu même du leader des AUC Carlos Castano, les paramilitaires tirent environ 70% de leurs revenus du trafic de drogue, et contrôlent les filières depuis la production jusqu'à l'exportation. Cela met en lumière un double-jeu du gouvernement colombien, qui reçoit une aide financière importante consacrée à la lutte contre les narcotrafiquants mais garde une position ambiguë envers les AUC. En effet, le Plan Colombie, lancé en 1999 par les présidents Andres Pastrana et Bill Clinton, prévoit une aide militaire américaine afin de lutter contre le narcotrafic. Force est de constater, comme le fait Amnesty International dans son rapport intitulé Killings, arbitrary detentions and death threats – the reality of trade unionism in Colombia, que l'action soit orientée essentiellement contre les guérillas et la culture de coca, et non contre les paramilitaires. Par ailleurs, Human Right Watch et Amnesty International remarquent que les activités des paramilitaires (auxquels on doit une grande partie des massacres et autres atteintes aux droits de l'homme) sont concentrées dans les régions riches en ressources naturelles. La justice commence à s'intéresser aux liens entre les multinationales et les paramilitaires, qu'elles financent parfois dans le but de protéger leurs infrastructures des attaques des guérillas (FARC et ELN), mais aussi pour faire fuir la population des zones qu'elles convoitent. Ainsi, la compagnie minière nord américaine Drummond est poursuivie pour avoir financé l'assassinat de trois syndicalistes en 2001 par des hommes armés. La compagnie américaine Chiquita Brands est l'objet d'une plainte déposée dans le New Jersey par les familles de six syndicalistes assassinés. L'entreprise avait déjà payé une amende de 25 millions de dollars après avoir avoué le versement de 1,7 million de dollars aux AUC (Autodéfenses Unies de Colombie, qui regroupe les mouvements paramilitaires) qui opéraient dans les zones où Chiquita avait des plantations. Coca Cola a aussi été dénoncée par les syndicalistes de l'entreprise, qui l'accusent d'avoir financé des paramilitaires pour anéantir les syndicats quitte à recourir à l'assassinat.

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 10:56
Ci dessous, un appel au retrait des troupes Française d'Afghanistan, publié sur le site internet de La Riposte

Devant le parlement de la Grande-Bretagne, Sarkozy a annoncé sur un ton fanfaron le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan. Il s’agirait d’environ mille soldats supplémentaires. Fillon a parlé de « quelques centaines ». Quoiqu’il en soit, cette augmentation des effectifs devrait s’accompagner d’un redéploiement des troupes françaises actuellement à Kaboul vers les zones de combat les plus dangereuses, notamment dans le sud du pays.

La guerre en Afghanistan fait rage depuis 7 ans. Pour quel résultat ? Après la dispersion des talibans, lors de l’invasion initiale, ceux-ci n’ont cessé de renforcer leur position et leurs capacités militaires, d’une année sur l’autre. Ces derniers mois, de nombreux représentants du haut commandement de la coalition ont reconnu publiquement la possibilité bien réelle d’une défaite militaire en Afghanistan.

Comme l’expliquait le Time Magazine du 31 janvier dernier : « La guerre oubliée en Afghanistan est sous les projecteurs, cette semaine, avec la publication de trois rapports indépendants [sur l’Afghanistan]. Après avoir dépensé 25 milliards de dollars pour tenter de battre les talibans, cette milice islamiste radicale […] est de plus en plus présente dans plusieurs régions du pays. Les attentats sont de plus en plus nombreux […] et les talibans financent leur guerre par les profits générés par le commerce de l’opium. L’année dernière, le pays a produit 93% de la production mondiale d’opium, tandis que l’aggravation de l’insécurité a entraîné une baisse de 50% de l’investissement international.

« Les talibans tuent de plus en plus d’Américains. De 2002 à 2004, ils tuaient, en moyenne, un soldat américain par semaine. Depuis 2007, ce chiffre a plus que doublé. Près de 500 soldats américains ont péri dans cette guerre. […] Une publication récente du Conseil Atlantique déclare : "Que personne ne s’y trompe, l’OTAN n’est pas en train de gagner la guerre en Afghanistan. Si cette réalité n’est pas comprise, et si aucune décision n’est prise en conséquence, l’avenir de l’Afghanistan sera sombre, et aura des répercussions [négatives] à l’échelle régionale et globale." »

Le 6 mars dernier, une dépêche d’Associated Press faisait état d’un rapport sur le moral des soldats américains et sur la multiplication des cas de maladies mentales dans les unités combattantes. L’étude, qui portait sur 900 soldats en service en Afghanistan, s’appuyait sur des informations recueillies auprès de médecins, infirmiers, psychologues et psychiatres travaillant auprès des troupes. Elle constate un taux d’incidence de dépression et d’autres maladies mentales de 30%. Sur l’ensemble des forces américaines, 121 cas de suicide ont été constatés en 2007, soit une hausse de 20% par rapport à 2006. Le nombre de morts au combat ne cesse de croître. 83% des soldats déclarent avoir été la cible de tirs de mortier ou de projectiles explosifs similaires. A peine 11% des soldats interrogés déclarent que le moral de leur unité est « bon » ou « très bon ».

Le général américain James Jones dirigeait les opérations de l’OTAN en Afghanistan, jusqu’à sa récente retraite. Il porte un regard très sévère sur la situation de la coalition. « Nous sommes en perte de vitesse, dit-il. Les secteurs sous le contrôle des insurgés sont aujourd’hui plus nombreux qu’ils ne l’étaient il y a deux ou trois ans. » On pourrait rapporter des dizaines de citations similaires émanant de commandants des forces de la coalition. Il est clair que les Etats-Unis et leurs alliés – dont la France – sont en train de perdre la guerre en Afghanistan.

Derrière l’écran de fumée de la « guerre contre le terrorisme », la guerre en Afghanistan est une guerre impérialiste, tout comme la guerre en Irak. Elle fait partie de la stratégie globale de l’impérialisme américain pour le contrôle des ressources pétrolières et de leur acheminement à travers cette région de très haute importance stratégique. En 2001, Jacques Chirac, avec l’appui du gouvernement PS-PCF de l’époque, avait décidé de participer à la guerre en Afghanistan, et ce bien que l’impérialisme français n’avait pas grand chose à y gagner. Dans notre texte Les Etats-Unis dans le bourbier afghan, publié en octobre 2001, nous écrivions : « Lorsque Jospin dit : "à côté des Etats-Unis, oui, derrière les Etats-Unis, non", il ignore, ou feint d’ignorer, que la place qu’occupera la France "à côté" des Etats-Unis sera délimitée à Washington et non à Paris – et que, dans la mesure où la France est présente, elle le sera plus que jamais "derrière" les objectifs américains, puisqu’elle ne pèse pas assez pour imposer quoi que ce soit à son puissant "allié". Bush et Powell, dans un élan de générosité, proclament qu’ils auront sans doute davantage besoin de la France "plus tard", c’est-à-dire lorsqu’il s’agira de mettre en place des forces d’occupation sur le terrain. A ce moment-là, la France "solidaire" sera invitée à participer à une mission dangereuse, coûteuse et de longue durée, pendant que les Etats-Unis récolteront les avantages stratégiques et économiques de leur victoire. Cependant, ces calculs présument de la victoire des Etats-Unis, laquelle est pourtant loin, très loin, d’être acquise. »

Jusqu’à présent, en dehors des opérations de police et de formation militaire, dans le calme relatif de la capitale, la participation de la France à la guerre a essentiellement consisté en bombardements aériens appuyant les troupes américaines au sol. Mais face à l’enlisement des soldats américains et à l’effondrement de leur moral, le gouvernement des Etats-Unis a fait lourdement pression pour une « meilleure répartition » des engagements au sol entre les pays membres de la coalition.

L’arrivée de troupes françaises supplémentaires n’aura absolument aucun effet sur l’évolution de la situation militaire, sur le terrain. La seule chose qui changera sera le nombre de soldats français qui seront tués, blessés et mutilés au cours des combats. Ce sont eux qui paieront – au prix fort – la note de cette opération.

L’implication plus importante de la France dans la guerre en Afghanistan n’a rien à voir avec les « droits de l’homme » ou la « démocratie ». A l’abri des regards, des contreparties ont forcément été négociées avec l’administration américaine. Par exemple, la décision de Sarkozy n’est peut-être pas sans rapport avec l’autorisation accordée à Total de participer à la prospection et l’exploitation de ressources pétrolières en Irak, notamment à Majnoun.

La politique de Sarkozy vis-à-vis de l’Afghanistan place les partis de gauche devant leurs responsabilités. L’attitude de la direction du Parti Socialiste, dont les préoccupations principales portent sur des formalités parlementaires, est totalement insuffisante. Le « débat parlementaire » tant réclamé n’aura absolument aucune conséquence pratique – comme la quasi-totalité des débats de ce genre. Même s’il y avait eu un vote, on sait pertinemment que la majorité de l’Assemblée est pour Sarkozy. Les interventions à l’Assemblée Nationale ne servent à rien si elles n’appellent pas à la mobilisation des jeunes et des travailleurs pour s’opposer à cette guerre.

L’attitude ambiguë des dirigeants et parlementaires du PCF ne vaut guère mieux. Ils s’opposent au renforcement du contingent français, mais ne réclament pas le retrait des troupes et du dispositif aérien français actuellement engagés dans cette guerre impérialiste. Les militants communistes se souviendront que le texte d’orientation présenté par la direction du parti, lors du dernier congrès, exigeait le retrait des troupes américaines d’Irak, mais passait la guerre en Afghanistan sous silence. Ce mutisme prolonge la position scandaleuse de Robert Hue et de la direction du parti en 2001. Robert Hue avait soutenu l’invasion de l’Afghanistan et l’adhésion de la France à la coalition impérialiste. Cette faute doit être franchement et ouvertement reconnue. Le PCF devrait exiger haut et fort le retrait pur et simple des troupes françaises en Afghanistan.

La Riposte
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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 14:24

Mumia Abu-Jamal quitte le couloir de la mort

États-Unis . La cour d’appel fédérale de Pennsylvanie a annulé hier sa condamnation à la peine capitale. Le combat pour que justice lui soit rendue demeure plus que jamais d’actualité.

Mumia Abu Jamal, cinquante-trois ans, n’est plus dans le couloir de la mort où il se trouvait depuis 1982. La cour d’appel fédérale de l’État de Pennsylvanie a annulé hier sa condamnation à mort par deux voix contre une. Cela signifie que le journaliste n’est plus aujourd’hui à la merci d’une exécution à tout moment. La décision constitue naturellement une première victoire considérable pour tous ceux, abolitionnistes, militants des droits de l’homme qui luttent depuis des années pour dénoncer l’injustice et l’abomination politique dont il est victime. Elle est un formidable encouragement pour que justice soit véritablement rendu à l’ex dirigeant des Blacks Panthers. Car, en cela, beaucoup de chemin reste encore à parcourir.

La décision de la cour de Philadelphie a confirmé en effet d’un même mouvement la condamnation de Mumia dans le meurtre du policier Daniel Faulkner le 9 décembre 1981. En d’autres termes, aux yeux de la justice US, le journaliste, qui clame son innocence, demeure coupable de meurtre. De plus, la décision maintient la possibilité pour l’accusation de se présenter une nouvelle fois devant un jury pour obtenir une nouvelle condamnation à mort. Et sinon la peine serait simplement commuée en réclusion criminelle à perpétuité.

L’affaire Mumia Abu-Jamal débute aux premières heures du 9 décembre 1981. Ce jour-là, au moment il déposait un client dans le sud de la ville de Philadelphie, Mumia - alors chauffeur de taxi (car déjà privé de l’exercice de son métier de journaliste) - est intervenu lors d’un contrôle policier dont était l’objet son frère William Cook. Eclate alors une fusillade au cours de laquelle le policier, Daniel Faulkner, est tué de deux balles. Quant à Mumia, il est grièvement blessé, touché dans la poitrine.

Se basant sur le fait que le policier a été tué par une balle de calibre 48 et que Mumia Abu Jamal disposait d’un revolver de calibre 48, les policiers concluent qu’il est l’auteur du crime, et ce, sans procéder à aucune expertise balistique. Bien que clamant son innocence, Mumia est victime d’une véritable cabale politico-judiciaire menée par un juge, Albert Sabo, connu pour ses liens avec les milieux d’extrême droite raciste. En effet, le témoignage de son frère, William Cook, affirmant que Mumia n’a pas tiré sur le policier, est écarté.

Des pressions et des menaces sont exercées sur des témoins affirmant n’avoir pas vu Mumia tirer sur le policier. Pis : la police n’a pas hésité à subordonner des témoins. C’est le cas de Cynthia White, principal témoin de l’accusation, qui n’était même pas présente sur les lieux du crime. Quant aux témoignages affirmant avoir vu une personne portant une veste de couleur verte tirant sur le policier avant de s’enfuir, ils n’ont pas été retenus par la cour.

Qui plus est, la présence de sang de groupe O sur les lieux de la tragédie alors que Mumia et le policier appartiennent au groupe sanguin A, n’a pas non plus été retenue… À cela s’ajoutent des rapports de police contradictoires. En dépit de ces faits relevés par les avocats de la défense, Mumia Abu-Jamal est condamné à la peine capitale en juillet 1982.

S’engage dès lors une campagne internationale pour sauver Mumia Abu-Jamal tandis que ses avocats, disséquant une enquête bâclée, caractérisée par de nombreuses irrégularités juridiques, n’ont cessé d’apporter des preuves de son innocence. Même l’aveu recueilli par un de ses avocats, Rachel WolKenstein, d’un ancien tueur à gages, Arnold Beverly, avouant avoir tué le policier Faulkner, dans le cadre d’un contrat maffieux, a été écarté par la cour comme étant peu crédible. Par deux fois, en 1995 et 1999, le gouverneur républicain de l’État de Pennsylvanie, Thomas Ridge, avait signé l’ordre d’exécution capitale à l’endroit de Mumia Abu Jamal. Ce dernier n’a dû d’avoir la vie sauve - sursis à son exécution - qu’à la mobilisation internationale.

L’acharnement politico-judiciaire dont a été victime Mumia Abu-Jamal s’explique par son engagement politique. Membre du parti Black Panther en 1969, Mumia Abu-Jamal, né Wesley Cook, va rapidement se trouver dans le collimateur du FBI comme personne présentant « une menace pour la sécurité nationale ». Devenu journaliste de radio, surnommé « la voix des sans-voix », pour sa critique de la corruption de la police et des dirigeants politique de Philadelphie, Mumia Abu-Jamal est finalement renvoyé des stations de radio où il exerçait. Pour vivre, il est contraint de travailler comme chauffeur de taxi de nuit. De sa cellule, dans le couloir de la mort, Mumia Abu-Jamal n’est pas resté inactif. Il a continué d’intervenir sur de nombreux sujets d’actualité, écrit un livre et des articles dans la presse, pris position contre la guerre en Irak. C’est un homme déterminé que Marie George Buffet et notre journaliste, Cathy Ceïbe, avaient rencontré en avril 2006 lors d’un voyage aux États-Unis.

Si pour l’heure, sa condamnation à mort a été annulée, on l’aura compris, la mobilisation la plus forte reste de mise afin que Mumia sorte enfin de la prison où il n’aurait jamais dû rentrer. C’est seulement à ce moment-là en effet que justice pourra lui être rendue.

Hassane Zerrouky

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Mumia : Peine de mort annulée : première victoire !!

La troisième court d’appel fédérale de Pennsylvanie vient d’annulé la condamnation à mort du journaliste noir américain Mumia Abu-Jamal, soupçonné du meurtre d’un policier de Philadelphie, en 1981.
Depuis vingt-sept ans, Mumia lutte pour prouver son innocence dans l’enfer du couloir de la mort. La mobilisation internationale et la solidarité avec le combat de Mumia ont permis à deux reprises d’empêcher son exécution. Aujourd’hui, la court d’appel indique que la peine de mort pour Mumia pourrait être transformée en peine de prison à perpétuité. Cette court accepte de reconnaître des irrégularités dans la procédure du jury qui avait prononcé sa condamnation à mort lors de son premier procès en 1982. Nous, jeunes et étudiants communistes, nous réjouissons de cette avancée significative dans la lutte pour la libération de Mumia Abu-Jamal, et nous saluons le travail considérable de sa défence. Même si Mumia est toujours considéré comme coupable par la justice américaine, cette décision porte un signe d’espoir pour que Mumia puisse bénéficier d’un nouveau procès. Nous sommes résolus à continuer la lutte aux côtés du Collectif Unitaire de Soutien à Mumia Abu-Jamal, pour qu’un nouveau procès ait lieu et que Mumia soit enfin libre. Cette lutte n’est pas seulement un combat contre la peine de mort, mais aussi un combat pour la justice et contre le racisme dont a fait l’objet Mumia lors du jugement de 1982.

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« Ma vie quotidienne dans le couloir de la mort »

Le 24 janvier 2007, Mumia Abu-Jamal adressait le témoignage suivant à l’Humanité, qui le publiait le 1er février, à l’occasion du 3e Congrès mondial contre la peine de mort réuni à Paris.

La vie quotidienne dans le couloir de la mort, c’est la négation totale de la vie. C’est la vie dans une boîte ou une cage pendant vingt heures chaque jour, cinq jours par semaine, attendant une date pour mourir, des années durant. C’est une vie passée pratiquement seul. Pendant que vous êtes 20 heures par jour dans cette boîte (ou 24 heures durant le week-end). Des camarades dans le couloir de la mort au Texas ont répondu à un tel traitement par le suicide. C’est une vie loin de votre famille, souvent à des centaines de miles d’eux. Si, par chance, il arrive qu’ils vous rendent visite, c’est une « visite » sous surveillance, derrière des vitres épaisses. C’est une visite sans contact, une visite en menottes.

La vie quotidienne dans le couloir de la mort est une vie sous la menace quotidienne de la mort. C’est une vie où le sort de quelqu’un peut dépendre d’un caprice. Où des stéréotypes racistes interfèrent souvent avec des réalités troubles ; où l’État cherche à tuer à petit feu… jour après jour.

Le couloir de la mort est une prison dans la prison, sous une prison, où un entourage restreint se moque bien de savoir si vous êtes en bonne santé ou malade, sain d’esprit ou fou. Vous êtes livré uniquement à vous-même. Votre journée est ce que vous en faites.

Laissez-moi vous donner un exemple pour montrer combien les choses ne sont pas déglinguées uniquement dans le couloir de la mort, qu’elles sont même déglinguées après ! En novembre 2005, Harold C. Wilson (de Philadelphie) a été acquitté lors d’un rejugement pour 3 meurtres, après dix-sept ans dans le couloir de la mort.

Aujourd’hui, Harold ne peut toujours pas trouver un emploi à cause de ses mises en accusation (même après acquittement) ; sa santé aussi s’est tellement détériorée, après des années à avoir dû marcher sur le sol bétonné avec les pantoufles bon marché, sans épaisseur, fournies par l’État, qu’il souffre en permanence des pieds et des genoux.

Il a été acquitté par un jury et le linceul des stigmates du couloir de la mort le couvre encore comme une nuée.

Il n’est plus dans le couloir de la mort, mais, dans un sens, il est encore dans le couloir de la mort dans les rues de Philadelphie.

Mumia Abu-Jamal, couloir de la mort, États-Unis, le 24 janvier 2007


Retrouvez ICI l'article du Collectif unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal.
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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 19:07
ENSEMBLE, SAUVONS MUMIA
Collectif Unitaire National de Soutien à Mumia Abu-Jamal
43, boulevard de Magenta 75010 Paris – TEL 01 53 38 99 99 FAX 01 40 40 90 98
www.mumiabujamal.net

2007 restera dans l’histoire une année où le combat pour l’abolition universelle de la peine de mort aura marqué des points.


Les évènements survenus et les décisions prises en attestent :

- le 3ème congrès mondial contre la peine de mort qui s’est tenu à Paris en début d’année avait donné le ton en rassemblant le plus grand nombre d’abolitionnistes jamais réunis, et ce en provenance de tous les continents ;
- la suspension des exécutions par injection létale aux Etats-Unis, suite à un recours de deux condamnés à mort du Kentucky et dans l’attente de la décision de la Cour Suprême qui doit apprécier si la méthode constitue un « châtiment cruel » ;
- l’abolition de la peine de mort au New Jersey, premier Etat à abolir depuis 40 ans sur le territoire des Etats-Unis ;
- si l’abolition n’est hélas pas encore à l’ordre du jour en Chine (premier exécuteur planétaire), les autorités ont toutefois décidé de faire évoluer timidement leur système judiciaire en mettant en place une procédure automatique d’appel après chaque condamnation à mort prononcée par les tribunaux locaux ;
- les ministres de la justice de l’Union Européenne ont décidé de faire du 10 octobre (journée mondiale contre la peine de mort) une journée européenne pour l’abolition. Cette décision a été rendue possible par le changement récent de Gouvernement en Pologne (le précédent s’y était opposé de manière provocatrice en proposant une journée contre l’avortement);
- la décision historique de l’Assemblée Générale de l’ONU qui, à une forte majorité, a adopté une résolution appelant à un moratoire sur l’application de la peine de mort dans le monde ;

2008 commence de manière plus contrastée :

-    avec une très bonne nouvelle, celle de l’abolition de la peine de mort en Ouzbékistan portant le nombre de pays abolitionniste dans le monde à 134 ;
-    avec une très mauvaise nouvelle, celle de l’exécution de 14 condamnés en Iran.

Et pour Mumia Abu-Jamal ?

L’année 2007 fut celle de l’espoir avec l’examen par une Cour d’Appel Fédérale - pour la première fois depuis sa condamnation à mort en 1982 - des recours portant sur les droits bafoués de l’accusé, le choix des jurés et la légalité des procédures. Un succès à mettre au compte de la pugnacité de son équipe de défense et de la mobilisation internationale.
L’année 2008 sera celle du verdict qui peut tomber à tout moment. Tous les scénarios sont envisageables : du nouveau procès à la confirmation de la sentence de mort. Dans cette dernière hypothèse, il n’y aurait plus qu’un seul recours possible devant la très réactionnaire Cour Suprême des Etats-Unis. A l’évidence, si l’espoir demeure, la vigilance et la mobilisation restent de mise. Le Collectif Unitaire National, en collaboration avec Mumia, sa défense et ses soutiens aux Etats-Unis, poursuivra son action déterminée et sans relâche avec l’objectif d’obtenir justice et liberté pour cet homme innocent.

Tract du Collectif Unitaire National de Soutien à Mumia Abu-Jamal

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