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ARCHIVES DE L UNION DE VILLES
Voici désormais en ligne, en libre accès pour nos lecteurs, l'ensemble du matériel militant utilisé depuis la rentrée de septembre 2007.

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Radio Révolution

26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 13:22
A la suite de l'assasinat de Benazir Bhutto, nous publions ci dessous trois articles du site de La Riposte écrits ces dernières semaines par des camarades de la Tendance Marxiste Internationale sur la situation au Pakistan.

Pakistan : le régime du général Musharraf en crise arton900.jpg

Au cours de ces derniers mois, l’instabilité du régime du général Musharraf, au Pakistan, est apparue au grand jour. Après le mouvement des avocats, en mars, contre la suspension du chef de la Cour Suprême du pays, Iftikhar Chaudry, il y a eu l’assaut militaire contre la « Mosquée rouge », en juillet. Ces deux événements illustrent une crise profonde de l’appareil d’Etat, qui est la conséquence de la complète faillite du capitalisme pakistanais.

 

Un demi-siècle après son indépendance formelle, le Pakistan demeure largement dominé par l’impérialisme. Les politiques d’« ajustement structurel » dictées par la Banque Mondiale et le FMI y ont provoqué, comme partout ailleurs, un véritable désastre économique et social.

74 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. L’inflation des produits alimentaires a dépassé la barre des 15 %. La santé publique est en ruine : 82 % de la population est obligée de recourir à des médecines non-scientifiques. 52 % des enfants – dont une nette majorité de filles – ne vont pas à l’école primaire. La mortalité infantile est la plus forte de toute la région : 88 pour 1000 naissances. 80 % de la population n’a pas facilement accès à l’eau potable. Le chômage est endémique. Chaque jour, 10 000 pakistanais sombrent dans la pauvreté.

Les fondamentalistes exploitent la pauvreté et le désespoir des masses de la façon la plus cynique. Cependant, il ne faut pas oublier que le fondamentalisme est la créature de l’impérialisme américain et de l’Etat pakistanais. La dictature du général Zia, arrivé aux commandes par un coup d’Etat, en 1977, s’est efforcée de se consolider en recourrant au fanatisme religieux, avec l’appui enthousiaste des Etats-Unis. Par la suite, les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite ont financé à coups de milliards de dollars la « guerre sainte » menée à partir du Pakistan contre le gouvernement du PDA, en Afghanistan, puis contre les troupes soviétiques qui y étaient intervenues, en 1979.

L’ISI (les services secrets pakistanais) a joué un rôle déterminant dans ce processus. Il s’est transformée en une structure parallèle – un Etat dans l’Etat – contrôlant une fraction toujours plus large du pouvoir. Depuis, sous tous les régimes qui ont succédé à celui du général Zia, mort en 1988, l’ISI n’a jamais cessé d’exercer son emprise sur le pays, y compris après le coup d’Etat de Musharraf, en 1999.

Corruption

Arrivée trop tard sur la scène de l’histoire, la classe capitaliste pakistanaise est faible, dégénérée, gangrenée par la corruption. Elle est incapable de développer les infrastructures économiques et de régler les conflits nationaux qui ensanglantent le pays. Pour couvrir ses intrigues et ses basses œuvres, elle n’a eu de cesse de s’appuyer sur l’appareil d’Etat, qui en conséquence a joué un rôle économique toujours plus important. C’est particulièrement le cas de l’armée. Aujourd’hui, les hommes d’affaires les plus riches sont les généraux.

Désormais, les différentes fractions de l’appareil d’Etat sont en lutte ouverte. L’épisode sanglant de la Mosquée rouge en est une illustration. En 2006, les écoles coraniques et les mosquées ont poussé comme des champignons : 60 dans la seule ville d’Islamabad. Le gouvernement s’en est inquiété et a commencé à les détruire, provoquant une réaction vigoureuse du clergé. L’escalade a mené à l’assaut contre la Mosquée rouge, qui était le centre névralgique des fondamentalistes – mais aussi, pour mémoire, le centre militaire de la « guerre sainte » en Afghanistan.

Comme si Musharraf n’avait pas assez de problèmes, l’administration américaine exerce une pression permanente pour qu’il intensifie sa « guerre contre le terrorisme » à la frontière avec l’Afghanistan. C’est d’ailleurs plus facile à dire qu’à faire. L’armée pakistanaise a déjà perdu plus de 800 soldats, et d’innombrables civils sont tués, avec pour seul résultat d’avoir apporté aux Talibans de nouvelles recrues pachtounes. La population est foncièrement opposée à cette guerre. Elle brûle de haine contre l’impérialisme américain, devant lequel Musharraf courbe l’échine.

Dans ce contexte, et étant donnée l’impasse dans laquelle se trouve l’économie pakistanaise, les possibilités d’une stabilisation politique et sociale sont très faibles. En fait, le régime de Musharraf ne tient déjà que par un fil. Il peut chuter à tout moment, et Musharraf lui même a échappé à plusieurs attentats très sérieux.

Après Musharraf ?

Qu’est-ce qui remplacerait ce régime ? A en croire les grands médias occidentaux, les fondamentalistes sont aux portes du pouvoir. Loin de nous l’idée de sous-estimer ce danger. S’ils arrivaient au pouvoir, les fondamentalistes instaureraient un régime ultra-réactionnaire et chercheraient à écraser le mouvement ouvrier (ce qui semble avoir échappé à certains clowns gauchistes qui les considèrent comme des alliés « anti-impérialistes »).

Cependant, les bases des fondamentalistes, dans la population, sont très fragiles. Leur influence décroît, surtout depuis qu’ils sont au pouvoir dans les provinces du Baloutchistan et du Pakhtoonkhwa (l’ancienne Frontière Nord-Ouest). Ils ont montré qu’ils ne constituaient pas une alternative, qu’ils poursuivaient la même politique réactionnaire que les autres, dictée par le FMI et la Banque Mondiale. Par ailleurs, les nombreuses grèves spontanées, à Karachi et dans le reste du pays, indiquent que l’opposition au régime actuel et au despotisme en général se développe, dans le mouvement ouvrier.

Les Américains semblent n’avoir pas d’autre alternative à Musharraf que de remettre en selle Benazir Bhutto, ex-premier ministre et actuelle dirigeante en exil du PPP (Parti du Peuple Pakistanais). Le PPP a surgi à l’époque de la révolution de 1968-69 et bénéficie d’une assise de masse. Ses textes fondateurs sont imprégnés d’idéaux socialistes et révolutionnaires, mais sa direction actuelle, complètement corrompue, est acquise à la cause du capitalisme.

Benazir Bhutto est un pion des Américains. Récemment, elle a engagé avec Musharraf des négociations en vue de former un régime « libéral » et pro-américain. Cependant, si Bhutto entraîne le PPP dans cette voie, cela provoquera de puissants remous dans la base militante du parti. Dans tous les cas, l’extrême droite de l’appareil d’Etat ne l’accepterait pas, et le régime de coalition ne durerait pas longtemps.

La classe ouvrière

Lorsque la classe ouvrière se jettera dans la bataille, d’énormes possibilités s’ouvriront pour les marxistes pakistanais (La Lutte), qui constituent l’aile gauche du PPP et représentent déjà une force significative, dans le pays. Si la direction du PPP est obligée de prendre le pouvoir en renversant le régime de Musharraf, elle entrera en conflit ouvert avec l’appareil d’Etat et ne pourra pas contrôler le puissant mouvement de radicalisation qui s’enclenchera, dans la population. Nos camarades seront alors en très bonne position pour se transformer en une force de masse.

Il y a longtemps, Lénine expliquait quelles étaient les conditions d’une révolution. Premièrement, la classe dirigeante doit être divisée et ne plus être en mesure de gouverner comme par le passé. C’est clairement le cas, au Pakistan. Deuxièmement, les classes moyennes doivent être dans un état de grande effervescence. Le mouvement des avocats indique précisément une violente oscillation des classes moyennes. Troisièmement, la classe ouvrière doit être déterminée à se battre et à faire de grands sacrifices pour vaincre. La lutte des travailleurs de l’acier, entre autres, montre que cette volonté existe. Quatrièmement, il faut une direction révolutionnaire capable de se placer à la tête du mouvement et de le mener à la victoire. La croissance rapide de l’organisation marxiste pakistanaise nous permet d’avoir pleinement confiance dans l’émergence de ce facteur décisif.

La Riposte
Publication : vendredi 28 septembre 2007

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Où va le Pakistan ? 

arton914.jpgLe 18 octobre dernier, la ville de Karachi, au Pakistan, a connu la plus large mobilisation de masse depuis un quart de siècle : 1 million de personnes selon la police, et 3 millions selon la direction du PPP (Parti du Peuple Pakistanais).

Les gens étaient venus de tout le Pakistan pour accueillir la dirigeante du PPP, Benazir Bhutto, qui revenait de 8 ans d’exil volontaire. Cependant, il y avait bien plus que ce qu’en ont dit les médias bourgeois, dans cette monumentale manifestation d’accueil. Pour venir à Karachi, beaucoup ont fait plus de mille kilomètres dans des conditions très précaires, ont passé des nuits sans sommeil et puisé dans leurs maigres économies. Des milliers de bus et autres véhicules sont venus d’aussi loin que le Cachemire.

La motivation principale des gens était d’« être là », de faire partie d’un mouvement où ils pouvaient exprimer leurs souffrances, où ils pouvaient manifester leur détermination à lutter pour transformer la société qui gouverne leur existence.

Le canal à travers lequel les masses ont exprimé leur volonté est, une fois de plus, le Parti du Peuple Pakistanais. Et pour s’assurer qu’elle serait massivement accueillie, Benazir Bhutto a dû reprendre, dans ses dernières déclarations, le vieux slogan du PPP : « Roti, Kapra, Makan » : de la nourriture, des vêtements, un logement.

Ces événements confirment pleinement les perspectives élaborées de longue date par la Tendance Marxiste Internationale et sa section pakistanaise, The Struggle (La Lutte). Dès 1998, dans un meeting ouvrier, à Karachi, Alan Woods expliquait : « Quand elle reviendra au Pakistan, des millions de personnes accueilleront Benazir, malgré sa politique. »

Des décennies durant, Benazir Bhutto n’a cessé d’évoluer vers la droite. Elle a frayé avec l’impérialisme américain et cherché à convaincre l’Etat pakistanais et la classe dirigeante de son adhésion aux politiques pro-capitalistes. Avant de revenir au Pakistan, elle s’est efforcée de parvenir à un accord avec le régime de Musharraf. L’intelligentsia et les éléments petits-bourgeois qui dominent les médias annonçaient que ces négociations allaient ruiner la popularité de Benazir Bhutto. Mais les masses pakistanaises ne voient pas les choses ainsi.

Benazir a déjà été au pouvoir à deux reprises : en 1986 et 1993. Elle a chaque fois abandonné le peuple pour prouver sa fidélité à l’ordre établi. Elle a bien évidemment trempé dans la corruption qui est un élément organique de ce système. Mais contrairement à ce que s’imaginent l’intelligentsia et les médias pakistanais, la popularité de Benazir ne repose pas sur ses qualités de « femme d’Etat », son « habileté politique » ou son « aptitude à manœuvrer ». Elle repose sur l’héritage historique du PPP, qui a surgi à l’époque de la révolution de 1968-69.

Au cours de cette révolution, les travailleurs, la jeunesse et les paysans pauvres ont eu le pouvoir à portée de main. Du 6 novembre 1968 au 29 mars 1969, il y avait une situation de double pouvoir, dans le pays. S’il y avait eu un parti marxiste capable de prendre la tête du mouvement, il aurait pu se saisir du pouvoir à pas moins de cinq occasions.

Les travailleurs occupaient les usines, les étudiants contrôlaient les universités. Ils refusaient de payer leurs tickets de bus et de train. Les paysans pauvres occupaient les terres. Cependant, la majorité de la gauche pro-Moscou et pro-Pékin limitait la révolution au « stade démocratique », et dénonçait même le mouvement contre la dictature militaire d’Ayub Khan, un « ami » de la bureaucratie chinoise.

Zulfiqar Ali Bhutto, le père de Benazir, reconnut le caractère socialiste du mouvement, et en appela à la transformation socialiste de la société. Cette perspective et ce programme se connectaient parfaitement à la lutte des masses pakistanaises. Du jour au lendemain, le PPP est devenu le plus grand parti de l’histoire du Pakistan.

Cependant, même avec un programme socialiste relativement clair, la révolution de 1968-69 se solda par un échec. Il manquait le facteur subjectif : le parti révolutionnaire. Bhutto a mis en œuvre des réformes radicales dans l’agriculture, la santé, l’éducation – entre autres. Il a également nationalisé de larges sections du système bancaire et de l’industrie. Mais le capitalisme n’a pas été renversé. Or, il n’est pas possible de faire la moitié d’une révolution. Zulfiqar Ali Bhutto fut renversé par un coup d’Etat – soutenu par les Américains – puis fut pendu, en avril 1979, par la dictature du général Zia.

Cependant, l’héritage politique de cette révolution, dans la conscience du peuple pakistanais, n’a pas été liquidé. Telle est la principale raison du large soutien dont bénéficie toujours le PPP, malgré la politique de compromis de Benazir. L’un des principaux slogans de la manifestation du 18 octobre était : « Bhutto, tu es toujours vivant ! » Consciemment ou inconsciemment, le PPP est perçu comme le véhicule du changement. C’est la raison pour laquelle, au Pakistan, l’entrée des masses dans l’arène de la lutte politique doit nécessairement commencer sous la bannière du PPP. Et c’est d’ailleurs pour cela que d’importantes sections de l’Etat sont terrifiées par l’énorme soutien dont jouit le PPP, et ne font pas confiance à Benazir, malgré son engagement à sauvegarder le système capitaliste.

La classe dirigeante n’envisage de laisser Benazir Bhutto accéder au pouvoir que dans le but de faire dérailler un mouvement de masse imminent. Il en fut déjà ainsi par le passé. Cependant, l’Etat connaît aujourd’hui une crise sévère et des conflits internes ouverts. Dans ce contexte, il sera difficile de mettre en place un régime reposant sur une base de classe contradictoire, comme l’ont d’ailleurs montré les deux attentats à la bombe visant la caravane de Benazir, le 18 octobre, qui ont tué 139 personnes et en ont mutilé 500.

Le fondamentalisme islamique est essentiellement un phénomène sponsorisé par l’Etat, et qui se nourrit de la brutalité de la « guerre contre le terrorisme » menée par l’impérialisme américain. Son essor temporaire est surtout dû à l’effondrement de la gauche et au refus, de la part du PPP, de lutter contre les agressions impérialistes.

Qu’ils aient été commandités par une section de l’Etat ou par son Frankenstein – le fondamentalisme islamique –, les attentats du 18 octobre n’empêcheront pas le mouvement de se développer. Les dirigeants du PPP s’efforcent de calmer la colère du peuple, ulcéré par cet acte criminel. Mais sa vengeance s’exprimera, sur le plan électoral, par un large soutien à Benazir – et plus généralement dans l’orage révolutionnaire qui pointe à l’horizon.

Ces dernières années, les fondamentalistes ont plusieurs fois appelé à des « manifestations d’un million d’hommes » contre l’impérialisme américain – sans jamais parvenir à dépasser 5% de cet objectif. Aujourd’hui, l’alliance des fondamentalistes se disloque, ce qui est une autre expression des contradictions au sein de l’appareil d’Etat.

Lorsque le richissime ex-premier ministre Nawaz Sharif est revenu au Pakistan, le 10 septembre dernier, il n’y avait pas plus de 5000 personnes pour célébrer son retour, et ce malgré la large couverture médiatique et les fabuleuses sommes d’argent destinées à promouvoir son « énorme » popularité.

Le régime de Musharraf s’est facilement débarrassé de Nawaz Sharif. En fait, ce dernier serait depuis longtemps tombé dans l’oubli sans l’aide de Benazir, qui n’a cessé de le présenter comme un partenaire important dans sa lutte pour la « démocratie ». Le principal objectif de Benazir était alors de faire alliance avec la droite pour empêcher toute radicalisation, au sein du PPP, contre sa politique collaborationniste. La base sociale de Sharif est essentiellement petite-bourgeoise.

Les médias et les petits-bourgeois radicalisés trompètent que jamais le retour de Benazir et la manifestation d’accueil n’auraient été possibles sans l’accord passé entre la dirigeante du PPP et Musharraf. C’est une insulte aux innombrables opprimés qui ont bravé tant d’obstacles et de difficultés pour se rendre à Karachi. Certes, l’Etat n’a pas opposé de grande résistance à la manifestation. Certes, les dirigeants bourgeois et petit-bourgeois du PPP, qui pensent aux élections législatives, ont investi beaucoup d’argent pour affréter des bus et fabriquer d’immenses bannières. Mais de plus grandes sommes d’argent ont été investies, par le passé, pour les rassemblements de Musharraf et de la Ligue Musulmane – avec des résultats incomparables à l’immense mobilisation suscitée par le retour de Benazir.

La faible résistance du régime à la manifestation du 18 octobre s’explique également par la division de l’Etat sur cette question. Ils craignaient qu’une tentative d’empêcher aux millions de personnes d’envahir les rues ne provoque une explosion sociale incontrôlable. De fait, aucun obstacle ne peut empêcher une foule aussi gigantesque d’aller où elle veut.

L’administration américaine n’a pas obligé Musharraf et Benazir à négocier un gouvernement de coalition dans le seul but de renforcer la position du régime dans la guerre contre les Talibans. La principale crainte des stratèges les plus sérieux de l’impérialisme, c’est la possibilité d’un soulèvement des travailleurs pakistanais contre les privatisations et toutes les autres attaques contre la classe ouvrière. Dans le seul secteur des télécommunications, 29 000 travailleurs sont licenciés dans le cadre de la privatisation. La même politique est en cours dans d’autres secteurs de l’économie. L’idée, par conséquent, c’est de partager le pouvoir avec Benazir et de s’appuyer sur son autorité pour lancer ces attaques criminelles contre les travailleurs.

Ce ne sera pas facile. Nous ne sommes plus en 1988 ou en 1993. Encore une fois, les attentats du 18 octobre ont montré à quel point la situation de l’Etat et de la société s’est détériorée. Et les masses ne veulent pas de ce scénario. Elles voteront pour Benazir parce qu’il n’y a pas d’alternative à ce stade. Mais si elles ont attendu Benazir pendant 30 heures, parfois sans eau, sans nourriture et sans sommeil, et si certains ont marché pendant des kilomètres et des kilomètres pour atteindre Karachi – ce n’est certainement pas en faveur des privatisations, des dérégulations, de l’inflation, du chômage et de la pauvreté. Elles ne sont pas venues pour soutenir la corruption, la « démocratie » libérale, les politiques capitalistes et la soumission aux impérialistes.

Sur la base du capitalisme, Benazir ne pourra pas se stabiliser à la tête de l’Etat pakistanais. La crise du capitalisme pakistanais exacerbe la terreur et le fanatisme religieux. L’économie est en ruine, minée par des déficits budgétaires et commerciaux historiques. Le renchérissement du pétrole et la crise économique mondiale ne peuvent qu’aggraver la situation de l’économie pakistanaise.

La société s’enfonce dans un profond malaise. La poursuite des politiques en cours ne peut qu’aggraver les contradictions. D’un côté, le chaos et l’anarchie peuvent pousser le Pakistan dans le cauchemar de la barbarie, dont les éléments ont fait une effrayante apparition dans les zones frontalières avec l’Afghanistan. Cependant, la mobilisation du 18 octobre montre l’autre face du Pakistan.

Le 10 avril 1986, Benazir avait déjà fait un retour célébré par une manifestation de plus d’un million de personnes. Le 11 avril, elle reconnut qu’elle aurait pu facilement prendre le pouvoir, la veille, si elle l’avait voulu. Elle avait raison ! Mais elle refusa de s’engager dans la voie révolutionnaire. Elle fut portée au pouvoir à travers un compromis avec l’appareil d’Etat et la classe dirigeante. Elle doucha les espoirs du peuple et s’efforça de maintenir le statu quo. Lorsque le mouvement reflua, elle fut renversée.

De nouveau, en 1993, Benazir fut portée au pouvoir par la pression des masses. Mais une fois de plus, elle se mit au service du système capitaliste. Allons-nous revivre le même scénario ? Ce cercle vicieux se répètera-t-il indéfiniment ? Nous ne le pensons pas. La misère et les souffrances sont trop immenses. Les conditions de vie sont intolérables. Les masses ont supporté une longue période de réaction et d’oppression. Il leur a fallu d’énormes efforts pour reprendre l’initiative, le 18 octobre. L’unité de millions d’opprimés leur donne une grande confiance et le sens de leur force collective. Si, à nouveau, Benazir trahit les espoirs qu’elle a soulevés, la révolte ne sera pas dirigée par l’Etat ou la réaction. L’opposition viendra de ceux-là mêmes qui ont fait un accueil triomphal à Benazir.

Aucune force réactionnaire, au Pakistan, n’aurait pu mobiliser autant de monde. Le peuple opprimé s’est mis en mouvement pour réclamer un changement. Il l’a fait à travers le PPP, conformément à ce qui constitue sa tradition politique depuis plus de trois générations. Si cela échoue, il n’ira pas, la prochaine fois, à l’aéroport de Karachi. Il occupera les usines, prendra le contrôle du réseau ferroviaire, des télécommunications et de l’industrie électrique. Il expropriera les impérialistes et les grands propriétaires terriens – comme en 1968-69, mais à un niveau plus élevé.

L’accord entre Musharraf et Benazir est très instable. Même s’ils s’efforcent d’agir conformément au scénario de Washington, c’est un chemin semé d’embûches. N’importe quel événement peut faire s’écrouler tout l’édifice – à commencer par un attentat terroriste. Mais même si cette alliance fragile passe le cap des élections et prend la forme d’un nouveau régime, ses chances de survie sont faibles, tant sont nombreux les périls intérieurs et extérieurs. Un soulèvement de masse la balayerait d’un seul coup. Les turbulences économiques et les convulsions sociales sont trop importantes pour l’attelage contradictoire concocté par l’administration américaine.

La classe ouvrière pakistanaise va prendre son destin en main et transformer la société. Une fois de plus, les événements ont confirmé les perspectives et la stratégie des marxistes du PPP. Leurs tâches historiques sont posées d’une façon plus concrète que jamais. La mobilisation du 18 octobre, à Karachi, a clairement montré ce que veut le peuple : la fin de l’exploitation, de la misère, de la maladie et de l’esclavage. Les marxistes y ont défendu l’alternative socialiste et révolutionnaire. L’expérience de la période à venir poussera de larges sections de la population sur la voie révolutionnaire. La tâche des marxistes est de les mener à la victoire – c’est-à-dire à la victoire de la révolution socialiste.

Lal Khan (PPP / The Struggle)

Publication : mardi 30 octobre 2007

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L’assassinat de Benazir Bhutto 

arton953.jpgL’assassinat de Benazir Bhutto est un crime contre les travailleurs et les paysans du Pakistan. Il a été commis en pleine campagne électorale, après des années de dictature militaire. Les masses pakistanaises aspirent à un profond changement. En conséquence, le PPP de Benazir Buttho connaissait une puissante vague de soutien et était assuré de remporter les élections législatives prévues pour le 8 janvier.

La campagne électorale montait en puissance, et le message socialiste de la tendance marxiste du PPP – The Struggle – recevait un accueil enthousiaste dans tout le pays. Ces élections allaient marquer un grand tournant à gauche, au Pakistan. Cela semait la panique dans la clique dirigeante. Telle est la cause de l’assassinat de Benazir Bhutto.

Cette provocation sanglante avait pour but d’empêcher la tenue d’élections que le PPP allait gagner, et de fournir une excuse à une possible réintroduction de la loi martiale et de la dictature. C’est un acte contre-révolutionnaire qui doit être condamné sans réserves.

Qui en est responsable ? Quand j’ai posé la question à nos camarades de Karachi, ils ont immédiatement répondu : « les Mullahs. » Dans des pays comme le Pakistan, les forces de la contre-révolution se drapent souvent dans les habits du fondamentalisme islamique.

Qui que soit l’agent direct de cet acte criminel, les fils en remontent très haut. Les soit-disant « jihadistes » ne sont que les laquais et les hommes de main de forces réactionnaires qui sont au cœur de l’appareil d’Etat et de la classe dirigeante. Ils sont soutenus par une partie des Services Secrets Pakistanais (ISI), par des barons de la drogue directement liés aux Talibans et par le régime saoudien, toujours soucieux d’appuyer et de financer toute activité réactionnaire à travers le monde.

L’actuelle guerre en Afghanistan a des conséquences désastreuses au Pakistan. La classe dirigeante pakistanaise avait l’ambition de dominer l’Afghanistan après l’expulsion des Russes, en 1989. L’armée pakistanaise et l’ISI y sont impliqués depuis des décennies. Ils sont toujours liés aux Talibans et aux barons de la drogue (ce qui est la même chose). D’énormes fortunes ont été accumulées grâce au commerce de la drogue, ce qui empoisonne le Pakistan et en déstabilise l’économie, la société et la politique.

L’assassinat de Benazir Bhutto est une nouvelle illustration de la dégénérescence et de la corruption extrêmes qui rongent les organes vitaux du Pakistan. La misère des masses, la pauvreté et les injustices exigent une solution urgente. Mais les propriétaires terriens et les capitalistes n’ont aucune solution à ces problèmes. Les travailleurs et les paysans voyaient une alternative dans le PPP.

Certains « de gauche » diront : « mais le programme de Benazir Bhutto n’était pas une solution ». Mais les marxistes du PPP se battent pour le programme du socialisme – le programme originel du PPP. Et les masses ne peuvent apprendre à distinguer les programmes et les politiques qu’à travers leur propre expérience.

Les élections de janvier auraient donné aux masses une opportunité de faire au moins un pas dans la bonne direction, en infligeant une défaite décisive aux forces de la réaction et de la dictature. Elles auraient alors eu la possibilité de mieux distinguer les programmes et les politiques – non en théorie, mais en pratique.

Quel effet l’assassinat de Bhutto aura-t-il sur les masses ? Les larmes ont laissé place à la colère et à un sentiment de choc général. A l’heure où ces lignes sont écrites, il y a des émeutes dans les rues de Karachi et d’autres villes. Les gens bloquent les rues et brûlent des pneus. C’est un avertissement à la classe dirigeante : la patience des masses atteint ses limites. Et leur mouvement ne peut être arrêté par l’assassinat d’un dirigeant – ou de mille.

Les masses soutiennent toujours leurs grandes organisations traditionnelles. Le PPP s’est développé dans le feu des mouvements révolutionnaires de 1968-69, lorsque les travailleurs et les paysans étaient tout près de prendre le pouvoir.

Le dictateur Zia a assassiné le père de Benazir. Cela n’a pas empêché la renaissance du PPP dans les années 80. Les forces du terrorisme d’Etat ont assassiné le frère de Benazir, Murtazar. Ils ont ensuite exilé Benazir et instauré une nouvelle dictature. Cela n’a pas empêché le PPP de connaître une nouvelle résurrection lorsque 2 à 3 millions de personnes sont descendues dans la rue pour accueillir le retour de Benazir, en octobre dernier.

Les masses sortiront du choc et de la colère immédiats. Ces émotions seront remplacées par la révolte et la soif de revanche. Ce qu’il faut, ce n’est pas une revanche individuelle, mais une revanche collective. Il faut préparer les masses à un nouvelle offensive révolutionnaire qui s’attaquera aux racines des problèmes du Pakistan.

Il se peut que la clique dirigeante retarde les élections – mais il lui faudra bien organiser des élections tôt ou tard. Les réactionnaires espèrent que la disparition de Benazir affaiblira le PPP. C’est une erreur sérieuse ! Le PPP ne peut être réduit à un individu. Si c’était le cas, le PPP aurait disparu après l’assassinat de Zulfiqar Ali Bhutto, le père de Benazir.

Le PPP ne se ramène pas à un individu. C’est l’expression organisée de la volonté des masses à changer la société. C’est les 3 millions de Pakistanais qui sont descendus dans la rue pour accueillir Benazir. C’est les dizaines de millions qui se préparaient à voter pour le PPP. Ces millions pleurent, à présent. Ils trouveront le chemin qui fera entendre leur voix.

Les masses doivent protester contre ce meurtre par un mouvement qui débouche sur une grève générale. Elles doivent lever le drapeau de la démocratie. Non à la dictature ! Non à loi martiale ! Pour des élections immédiates !

La direction du PPP ne doit pas capituler aux pressions pour reporter les élections. Convocation immédiate des élections ! Que la voix du peuple soit entendue ! Surtout, le PPP doit revenir à ses principes et son programme originels.

Les principes fondateurs du PPP fixent l’objectif de la transformation socialiste de la société. Cela comprend la nationalisation des terres, des banques et de l’industrie sous contrôle ouvrier, ainsi que le remplacement de l’armée professionnelle par des milices paysannes et ouvrières. Ces idées sont aussi justes aujourd’hui que lorsqu’elles ont été écrites pour la première fois.

Rien n’est plus simple que de tuer un homme ou une femme. Nous autres humains sommes des créatures fragiles. Mais on ne peut pas assassiner une idée dont l’heure est venue !

Alan Woods, le 27 décembre.

Publication : samedi 29 décembre 2007 

 

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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 21:34

Appel à la solidarité avec le Peuple, le Gouvernement, les Communistes et les Forces progressistes de Bolivie

Le processus politique en Bolivie fait face à un moment critique.
Les Forces réactionnaires, l'Oligarchie, le Gouvernement des USA et plusieurs Gouvernements européens promeuvent une campagne à grande échelle visant à déstabiliser complètement les processus progressistes dans ce pays latino-américain.
Le but de toutes ces forces est de stopper les changements promus par l'Assemblée Constitutionnelle pour une Constitution démocratique satisfaisant les besoins du Peuple.
Les forces réactionnaires, défaites en octobre 2003 et lors des élections de 2005 essayent à nouveau de réorganiser leurs rangs, de stopper tout quel changement et saper l'autorité du Président Evo Morales.
Pour réaliser leurs buts ils emploient utilisent tous les moyens, y compris des groupes armés.
Les forces représentatives progressives du pays, les mouvements sociaux et les organisations, après de grandes et héroïques confrontations, aux côtés de du Mouvement Socialiste et de la présidence de d'Evo Morales, étaient gagnants lors de la grande majorité des élections.
Aujourd'hui ces forces essayent de se servir de cette victoire afin que les travailleurs surenchérissentpour exiger plus d'aides et d'avancées qu'il n'est possible de le faire actuellement.

Nous, les signataires de cet appel dénonçons solennellement l'appui fourni par le gouvernement des USA aussi bien que son engagement direct dans ces actions subversives en Bolivie.
Nous dénonçons aussi la tolérance scandaleuse affichée par d'autres états impérialiste et des organisations internationales envers des actions aussi inadmissibles.
Il y a une tâche urgente à explicitement condamner les Forces réactionnaires, les isoler et les défaire, au niveau national et international.
Nous sommes aux côté du Peuple bolivien et soutenons entièrement les grandes mobilisations contre les plans de coup d'Etat.
Nous soutenons l'alliance entre le Peuple et le gouvernement de Bolivie contre les machinations de l'Oligarchie.
Nous exprimons notre pleine solidarité au Peuple bolivien, au Gouvernement du Président Evo Morales, au Parti communiste de Bolivie, au MAS-IRSP et aux autres forces et mouvements anti-impérialistes et progressistes dans leur grande bataille pour la défense des acquis progressifs, et dans leur lutte pour des changements plus profonds.
Nous militons aussi pour le développement coûte que coûte d'un grand mouvement de solidarité avec les forces anti-impérialiste et le Peuple bolivien.


Les Partis signataires :

* PADS, Algérie * Communist Party d'Argentine * Democratic Progressive Tribune - Bahrain * Parti Communiste du Bengladesh * Parti Communiste de Biélorussie * Parti des Travailleurs de Belgique * Parti Communiste de Bolivie * Parti Communiste du Brésil * Parti Communiste de Grande Bretagne * Nouveau Parti Communiste de Grande Bretagne * Parti des Communistes Bulgares * Parti Communiste du Canada * Parti Communiste du Chili * AKEL, Chypre * Parti Communiste de Bohême-Moravie * Parti Communiste du Danemark * Parti Communiste d'Egype * Parti Communiste d'Estonie * Parti Communiste de Finlande * Parti Communiste Allemand * Parti Communiste de Grèce * Parti Communiste d'Inde * Parti Tudeh d'Iran * Parti Communiste d'Irlande * Parti des Travailleurs d'Irlande * Parti Communiste d'Israël * Parti des Communistes Italiens * Parti Communiste Jordanien * Parti Socialiste de Lettonie * Parti Communiste Libanais * Parti Socialiste de Lituanie * Parti Communiste du Luxembourg * Parti Communiste de Macédoine * Parti des Communistes, Mexique * Parti Socialiste Populaire du Mexique * Nouveau Parti Communiste des Pays-Bas * Parti Communiste de Norvège * Parti Communiste Péruvien * Parti Communiste des Philippines (PKP-1930) * Parti Communiste de Pologne * Parti Communiste Portugais * Parti de l'Alliance Socialiste, Roumanie * Parti Communiste de la Fédération de Russie * Parti Communiste des Peuples d'Espagne * Parti Communiste du Sri Lanka * Parti Communiste Soudanais * Parti Communiste de Suède * Parti Communiste de Turquie (TKP) * Parti Communiste d'Uruguay * Parti Communiste, Etats Unis * Parti Communiste du Venezuela * Nouveau Parti Communiste de Yougoslavie.


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Bolivie : il faut contrer l’offensive de l’oligarchie et des impérialistes

chaves-morales-50.jpgLa Bolivie traverse des heures décisives. La réaction fait flèche de tout bois pour saper le gouvernement Morales.

Le soulèvement révolutionnaire de mai-juin 2005 et la victoire du MAS aux élections présidentielles, fin 2005, ont défait et démoralisé l’oligarchie. Mais la propension manifestée par Evo Morales à ne pas transgresser les limites du capitalisme a été utilisée par l’oligarchie pour reprendre l’offensive. Bien plus que le gouvernement du MAS lui-même, l’oligarchie craignait les masses ouvrières et paysannes qui le soutenaient.

Chaque concession de Morales (notamment sous l’influence du vice-président Alvaro García Linera, l’idéologue du « capitalisme andin ») a été exploitée par l’oligarchie pour reconstituer ses forces et étendre son influence au sein de la petite-bourgeoisie et des couches les plus politiquement arriérées des régions qu’elle contrôle, en particulier dans le « croissant oriental » autour de Santa Cruz.

Depuis les élections de l’Assemblée Constituante, il y a un an et demi, le gouvernement Morales a constamment cédé aux pressions de l’oligarchie. Le MAS a fait concession sur concession. Ses représentants ont accepté que chaque article de la future constitution ne puisse être adopté qu’à la majorité des deux tiers, ce qui a permis à l’opposition de droite de bloquer tout débat par simple refus de vote.

D’autre part, ils ont accepté que les sessions de l’Assemblée Constituante soient tenues à Sucre, à bonne distance des pressions de La Paz et El Alto, cœur de la révolution bolivienne. L’oligarchie a profité de cette occasion pour déclencher un conflit politique sur la question du choix de la capitale. Ils réclamaient que, 100 ans après, Sucre redevînt le siège du parlement et du gouvernement. Fin novembre, ils ont utilisé des bandes réactionnaires pour assiéger l’Assemblée Constituante. Pendant les affrontements qui s’ensuivirent, deux manifestants pro-oligarchie furent tués par des inconnus armés. L’oligarchie avait besoin de « martyrs » pour entretenir la frénésie de sa base sociale et a fait porter la responsabilité de ces deux morts à la police et au gouvernement Morales.

Face aux menaces de lynchage, les députés du MAS quittèrent Sucre et reprirent les séances de l’Assemblée Constituante, malgré le boycott de la droite, dans le région minière de Oruro. Ils adoptèrent un projet de constitution, rejeté par la droite en dépit du fait qu’il garantissait la propriété privée et l’« autonomie » des départements. Cette dernière mesure était pourtant une revendication de l’oligarchie qui voulait l’utiliser pour s’assurer le contrôle des ressources pétrolifères et gazières des régions qu’elle contrôlait, dans le but de les remettre à disposition des multinationales.

La droite s’est violemment opposé au nouveau décret gouvernemental garantissant une allocation mensuelle de 25 dollars aux personnes de plus de 60 ans, financée par les revenus du pétrole de chaque département. L’oligarchie qualifia cette mesure de pillage des caisses départementales et refusa d’appliquer le décret dans les régions qu’elle contrôlait.

Dans le cadre de leur agitation réactionnaire autour de ces thèmes, l’oligarchie a organisé des grèves régionales à la fin août, en novembre et décembre, avec des rassemblements de masse et des grèves de la faim.

Malgré tout cela, le gouvernement a persévéré dans ses appels au calme et à la réconciliation, amplifiant ainsi le découragement dans ses propres rangs.

La stratégie de l’oligarchie est de fragiliser la base du gouvernement Morales et de démoraliser ses troupes, créant ainsi les conditions d’une contre-offensive. A moyen terme, ils envisagent la possibilité d’un coup d’Etat militaire. Parallèlement, ils jouent aussi la carte sécessionniste, en déclarant l’indépendance des départements qu’ils contrôlent par rapport au reste de la Bolivie.

Comme l’écrivent nos camarades d’El Militante, en Bolivie : « c’est le résultat de deux années d’erreurs et d’hésitations du gouvernement du MAS face aux multinationales, à l’impérialisme, à l’oligarchie et à une droite qui semblait pourtant avoir été marginalisée et réduite au silence par les élections de 2005. C’est la conséquence de l’abandon des thèses de Pulacayo, des enseignements et des analyses de Marcelo Quiroga Santa Cruz et autres grands révolutionnaires de l’histoire du pays ».

Que faire dans une telle situation ? L’alternative est de mobiliser les masses de travailleurs et de paysans, pas seulement avec des slogans, mais aussi par des mesures concrètes et pratiques afin de briser la domination économique de la bourgeoisie pro-impérialiste.

Comme l’expliquent nos camarades boliviens : « Face aux attaques des forces de droite et à leur sabotage politique et économique, le gouvernement doit engager une contre-offensive tous azimuts en s’appuyant sur la mobilisation des masses : tout d’abord en repoussant toute concertation avec la droite ; en abolissant toutes les lois de la décennie de néo-libéralisme effréné qui nous a réduits à la misère ; en nationalisant les banques, les entreprises et les grandes exploitations agricoles qui sont sur la ligne de front dans la guerre économique menée par la droite ; en centralisant les ressources économiques dans le but d’élaborer une planification de mesures sociales qui puissent garantir des emplois stables et le développement des infrastructures du pays.

« D’autre part, nous appelons la centrale syndicale COB, les organisations ouvrières, l’avant-garde des mineurs, ainsi que l’ensemble des organisations sociales et les activistes du MAS eux-mêmes à ne pas rester les bras croisés :
-pour mettre en place des brigades d’auto-défense face à la possibilité imminente d’une action contre-révolutionnaire ;
-pour appeler à une grève nationale générale et la préparer en organisant des manifestations partout dans le pays, dans le but de défendre, réorienter et approfondir le cours du processus révolutionnaire.

« Cette grève doit être :
-contre l’oligarchie, la droite, l’impérialisme et leur sabotage – pour défendre le processus révolutionnaire ;
-pour l’abolition de tous les décrets à l’origine des politiques néolibérales et de l’inégalité entre les travailleurs ;
-pour un nouveau système de sécurité sociale fondé sur une loi garantissant les retraites et l’assurance-maladie universelle ;
-pour la nationalisation de toutes les ressources naturelles sous le contrôle des travailleurs eux-mêmes ;
-pour la nationalisation des grandes entreprises alimentaires, des grandes propriétés foncières et des banques, à commencer par celles qui sont impliquées dans le sabotage et la guerre économique ;
-pour la restitution au peuple du processus constituant dans le cadre des Assemblées populaires ».

Le 11 décembre 2007
Ramón Sarmiento (El Militante, Argentine)

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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 13:22
Refusons l’instauration d’un enfermement sans fin sur une simple présomption de dangerosité !

« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre ».
Thomas Jefferson

Le Parlement s’apprête à examiner un projet de loi visant à instaurer une « rétention de sûreté » qui permettra, après l’exécution de la peine de prison, de prolonger - sans limitation de durée, sans peine et sans infraction - l’enfermement des personnes considérées comme d’une « particulière dangerosité ».

La mise en place d’un tel dispositif, préparé à la hâte à la suite de l’affaire Evrard, relève d’une philosophie de l’enfermement qui s’inscrit dans la culture du « risque zéro » qui, sous prétexte de lutter contre la récidive, impose, depuis plusieurs années, des législations de plus en plus répressives et attentatoires aux libertés publiques.

Il ne s’agit plus simplement de durcir les sanctions ou de renforcer les moyens de contrainte, mais de procéder à des enfermements préventifs, sur la base d’une présomption d’infraction future et dans une logique d’élimination qui s’apparente à une mort sociale.

Actuellement circonscrit aux infractions les plus graves commises sur les mineurs, ce texte, comme la plupart des dispositifs répressifs, est susceptible d’extensions au gré des faits divers du moment.
L’appréciation de la dangerosité n’est par ailleurs fondée sur aucune évaluation sérieuse mais sur une simple expertise psychiatrique, ce qui procède d’une grave confusion entre délinquance et maladie mentale. L'évaluation de la dangerosité ne relève donc pas du diagnostic mais du pronostic.

En refusant de porter les efforts humains et financiers sur le temps de la peine, ce texte fait le choix de ne pas améliorer la prise en charge durant l'incarcération.
Si ce texte est adopté, la France se dotera d’un dispositif sans équivalent dans les démocraties occidentales car, contrairement à ce que le gouvernement veut laisser croire, rien de comparable n’existe en Europe (aux Pays Bas et en Belgique, ce type d’enfermement n’intervient qu’en substitution à la peine).

Aujourd’hui, avec une mesure comparable et au prétexte d’une dangerosité sociale, la Russie enferme des journalistes dans des établissements psychiatriques.
Dans un rapport d’information sur les mesures de sûreté concernant les personnes dangereuses (2006), les sénateurs Philippe Goujon et Charles Gautier indiquaient que « s’il est indispensable de limiter le plus possible le risque de récidive, celui-ci ne peut être dans une société de droit, respectueuse des libertés individuelles, complètement éliminé. Le « risque zéro » n’existe pas. »

Nous ne pouvons accepter un modèle de société qui sacrifie nos libertés au profit d’un objectif illusoire de « risque zéro ».

Nous appelons les parlementaires à refuser de voter ce texte indigne.

Site Web :
http://www.contrelaretentiondesurete.fr/
Pour signer cet appel : envoyer un mail à contrelaretentiondesurete@genepi.fr

«Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience.» Karl Marx
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 14:40
 
Une fin d'année.sous les couleurs du Zapatisme ...

Voici pour marquer cette fin d'année, une série d'articles sur le Zapatisme.
Cela permettra aux néophytes jusqu'au plus initiés de découvrir ou redécouvrir la grande histoire du Zapatisme !


Il y a bientôt 13 ans, le 1e janvier 1994, les zapatistes descendaient des montagnes du sud est mexicain avec un seul cri : YA BASTA ! A l'approche de la nouvelle année, gardons ce mot d'ordre en tête, et faisons le résonner !

 
Tout commence au Mexique, au début des années 1900.

zapata.jpg
Situation
 
Le Président Porfirio Díaz est au pouvoir depuis 1876. C'est un dictateur mais le pays semble s'être accommodé de ce vieil homme, issu d'un milieu humble, sans grande envergure. Il a su s'entourer de responsables compétents, "les cientificos", et le pays s'est peu à peu modernisé. Les capitaux affluent d'Europe et le pays se dote du chemin de fer... L'immense Mexique peut enfin être mis en valeur. Les terres sont peu à peu mises en culture par le système des "haciendas", héritée du modèle espagnol.
  Mais, malgré l'Indépendance prononcée depuis plus de 80 ans et la volonté affichée depuis de répartir les terres et les richesses, comme sous la présidence de Juárez , le pays s'est peu à peu enfoncé dans un système féodal, le rendant quasi-esclavagiste pour la majorité des paysans, les "péones", et surtout les Indiens. La classe laborieuse reste silencieuse : ils sont neuf millions...
 
Et c'est cette situation qui donnera naissance au Zapatisme, Hérité d'un homme : Emiliano Zapata (1879-1919) 

Emiliano Zapata est né dans l'est du pays dans l'Etat du Morelos : il est d'origine indienne. Contrairement à Pancho Villa, son fidèle ami, il ne vient pas du milieu le plus défavorisé. Il est le fils d'un petit propriétaire terrien qui vit assez bien. Mais il côtoie tous les jours la souffrance des péones (les paysans et les ouvriers agricoles) de sa région. Il faut connaître la situation du pays à cette époque charnière du début du siècle pour comprendre les évènements tragiques qui vont suivrent. Mais la vie n'était-elle pas déjà tragique pour la plupart...  

Zapata connaît bien ces paysans et leur misère. En 1908, il s'était engagé dans l'armée et était devenu l'ordonnance-palefrenier du chef d'état-major. L'armée le déçoit et son incurie est connue de tous. En 1909, il se retrouve à la tête du "Comité de Défense des Terres" dans l'Etat du Morelos. Avec 72 compagnons il constitue une véritable milice qui prend rapidement la tête de la rébellion du sud. Il a 30 ans en 1910 et il a trouvé son idéal. Homme étrange et intègre, doté d'un "regard mystique", il sera le défenseur de ces paysans qui ne demandent que le droit de travailler et de pouvoir vivre décemment. Mais, dans le fond, c'est le problème de la terre et de son partage qui est la cause principale des évènements qui vont suivrent.
 
Tout au long de son noble combat, le slogan "tierra y libertad" résonnera comme l'emblème de Zapata.  
 
La situation est plantée.. un pays au multiples ressources, mené par un dictateur ou la majorité de la population s'est vu rejetée, sans droits, sans terres... Mais petit à petit, des mouvements de contestations apparaissent dont celui mené par Emiliano Zapata.
 
Le tournant de 1910
 
En cette année de 1910, Porfirio Díaz peut se réjouir, il peut prétendre sans problème à son huitième mandat de président de la République.

En malgré déjà 35 ans de règne, il n'a aucun rival crédible, aucun dauphin. Il faut dire que sous cette apparente prospérité qui a gagné le pays entier, en amenant le calme social et le retour à un certain espoir dans les classes populaires, le vieux dictateur tient le pouvoir d'une main de fer. Quasiment analphabète, il n'a eu qu'à supprimer ses opposants et à truquer les élections pour se succéder à lui-même sans soulever la moindre résistance. Certes, il y a bien eu ça et là des rébellions sporadiques comme à en 1907, dans le nord à Rio Blanco, mais faute de chef à la hauteur, elles ne se sont pas étendues. Il y a cependant au moins 200 morts parmi les ouvriers trop revendicatifs... Le pouvoir a fait quadrillé tout le pays d'une police qui fait peur mais dont les moyens sont souvent rudimentaire : on les surnomme les "rurales". Ce sont souvent de dangereux "pistoleros" (et parfois de même de vrais repris de justice ! ) plus que de vrais agents de l'ordre, mais la terreur qu'ils savent répandre dans la population suffit a en faire une bonne police pour Porfirio Díaz. Quant à l'armée régulière, elle est en piteux état. Sans guerre à se mettre sous la dent depuis quarante ans, l'armée s'est comme dissoute dans l'incompétence, la magouille et le mensonge. Personne ne sait combien d'hommes elle compte ! Les soldes destinés à des effectifs fantômes finissent souvent dans les poches des gradés qui entretenaient l'illusion par des chiffres inventés. Tout cela dirigé par des vieillards, Díaz (80 ans), Navarro (69 ans), Reyes (60 ans), ... presque tous séniles et sans grands scrupules. Díaz est réélu en automne, de grandes fêtes sont organisées dans tout le pays, il peut célébrer le jour de l'Indépendance en toute confiance.

Ces festivités dans la capitale ne suffisent pas à dissimuler le mécontentement de la population. C'en est trop pour les plus extrémistes. Les plus virulents, dont un certain Francisco Madero, sont déjà largement marginalisés. Cependant, la révolte gronde et elle vient de la base, des paysans, des indiens et des femmes, qui n'a plus grand chose à perdre face à ce qu'ils peuvent gagner. Ils ne demandent que la terre sur laquelle ils pourront travailler. Le 20 novembre 1910, c'est le nord qui se soulève. Les hommes de l'armée fédérale sont attaqués, leurs armes dérobées, leurs chevaux réquisitionnés. Un nouveau mot apparaît : celui de guérilla. Pancho Villa et ses hommes prennent peu à peu possession des grandes plaines du nord. Zapata conduit ses troupes sous le cri de "Terre et Liberté".

l'après 1910


Le pouvoir vacille même s'il n'en donne pas l'impression et les appétits s'aiguisent. Mais il faut quelqu'un de crédible : pas compromis avec le pouvoir en place, mais suffisamment respectable pour pouvoir assurer la conduite d'un nouveau gouvernement. Francisco Madero semble être cet homme. Après son exil au Etats-Unis, il rentre au Mexique le 14 février 1911. Il a le soutient des Américains : ils jugent eux-mêmes le pouvoir en place trop archaïque et souhaitent une transition le plus vite possible, en sachant que la tâche sera très difficile. Madero est un libéral, un moderne, cultivé et respecté..., il est surtout mexicain. Le 20 mai, Madero signe un armistice avec un Porfirio Diaz totalement fini : c'est à lui de partir en exil, en Europe, où il vivra encore quelques années. Madero accède enfin à la présidence après l'élection enfin démocratique du 6 novembre 1911. Elles lui donnent 90% des voix. Díaz s'enfuit et prend un navire à Veracruz pour trouver refuge en Europe, à Paris, où il mourra en 1915. Les révolutionnaires sont arrivés au pouvoir...

La notoriété de Zapata se répand sur tout le Mexique et même au-delà.

Légende vivante mais qui demeurera illétré jusqu'à la fin de avie, Zapata représente dès lors l'honneur retrouvé des millions de péons et des indiens longtemps considérés comme des esclaves par les riches propriétaires terriens

Madero décevant, Retour des hostilitées


Depuis que Madero est arrivé au pouvoir, les réformes n'avancent pas vite. il se révèle décevant : trop idéaliste pour comprendre les problèmes tels qu'ils sont, trop prudent pour ne pas froisser les susceptibilités... Et, Zapata ne dépose pas les armes comme il l'avait promis. Fidèle à ses principes, il attend les premières réformes promises par le nouveau pouvoir, dont la réforme agraire qui est pour lui la plus importante. Ses exigences, qu'ils expriment dans le célèbre "Plan d'Ayala" , sont radicales : restitution des terres des grands propriétaires (les ejidos) aux paysans, expropriation d'un tiers des haciendas du pays (mais avec compensation), saisie des terres des opposants à la Révolution et des anciens responsables politiques... Mais, visiblement, ces revendications semblent trop excessives pour pouvoir être appliquées. Il ne faut pas oublier que Madero est un libéral qui croit encore aux valeurs de la bourgeoisie. Il pense réaliser une transition en douceur avec l'appui des tous. Il a donc besoin de temps pour assurer la pais sociale. Mais Zapata n'en peut plus d'attendre et il décide finalement de prendre les choses en main dans son Etat du Morelos

Il distribue alors les terres à ses soldats et ses fidèles. Les travaux des champs et ceux des coopératives paysannes sont répartis entre tous et des conseils de village sont mis en place et leurs responsables démocratiquement élus. S'en est trop pour Madero qui décide d'envoyer l'armée pour mater ces milices paysannes qui lui échappent et montrent trop de zèle à accomplir les changements attendus. Evidemment, l'expédition est un échec et le pouvoir s'en retrouve affaibli. La Révolution entre alors dans sa période sombre où tout devient hors de contrôle. Le sort de Madero est scellé...

Victoire et trahison, Zapata fidèle à ses valeurs continuera de lutter

Début 1912 dans le nord, le général
Orozco, qui avait combattu avec Pancho Villa, fait lui aussi défection et dénonce l'immobilisme de Madero. Des troupes sont envoyées mais il faudra le renfort des hommes de Villa et celles d'un certain Victoriano Huerta, un ancien général de Díaz, pour les défaire. Madero fait quelques gestes en supprimant certaines taxes et en autorisant la création de syndicats. Ces mesures provoquent l'indignation chez les conservateurs et certains pensent déjà à renverser le gouvernement dès que l'occasion se présentera.

En février 1913, c'est chose faite par le général Huerta qui s'empresse de faire assassiner Madero et son plus proche collaborateur.

Il pense mettre fin à la Révolution mais il ne fait que raviver la guerre civile qui embrase rapidement tout le pays.

L'opposition s'organise aussitôt autour de Zapata, de Pancho Villa, du général Obregón et de Venustiano Carranza, gouverneur de l'Etat de Coahuila et ancien proche de Madero. Ils lancent le "Plan de Guadalupe" qui vise à renverser Huerta et à rétablir la constitution de Madero : c'est de là qu'il tiennent leur nouveau nom de "Constitutionnaliste". L'utilisation des trains se révèle essentielle pour les combats car ils permettent de transporter les armes et les hommes rapidement à travers le pays. L'idéal de la Révolution semble renaître, mais sur des bases plus politiques que sociales. Carranza est lui aussi un bourgeois et il sait qu'on ne peut gouverner qu'à force de compromis. Huerta finit par s'enfuir en Amérique du sud. Dans la presse, Zapata se retrouve comparé à Attila... Mais on sait qui contrôle la presse et les intérêts que représentent cette révolution...

Cependant, les soubresauts de la Révolution ne sont pas terminés. La coalition qui s'était formée pour renverser Huerta n'était que de circonstance. Dès novembre 1914, Zapata et Villa se retournent contre Carranza. L'armée du nord de Villa et celle du sud de Zapata décident de mener la lutte en commun et se dirigent vers Mexico pour réaliser leur jonction. Les combats sont terribles. Ils réinvestissent la ville et Obregón doit prendre la fuite jusqu'à Veracruz. Zapata et Pancho Villa peuvent pénétrer dans le Palais Présidentiel où ils sont photographiés par les nombreux journalistes qui suivent les évènements. Ces photos feront le tour du monde. C'est une nouvelle victoire pour la Révolution mais est-ce que cette fois-ci sera la bonne ?

Après ce succès, Zapata qui n'aime guère la capitale retourne dans son Etat du Morelos où il pense être enfin tranquille.

Mais bien vite, il est déçu par Carranza qui semble oublier les raisons qui l'ont mené au pouvoir.

Il élabore une nouvelle constitution (qui est toujours en vigueur), ramène peu à peu la paix dans le pays et trouve finalement la notoriété qu'il avait souhaité lorsque les Etats-Unis finissent par le reconnaître comme le légitime président du Mexique.

Zapata continue de s'opposer à lui mais son action trouve moins d'écho auprès d'une population qui s'est vite lassée des manoeuvres politiques de ses dirigeants : tout le monde aspire au calme. Il faut dire que Carranza n'hésite pas à employer les grands moyens pour pacifier les zones qui lui échappent : incendies, pelotons d'exécution, destruction des outils et du bétail, et même l'aviation qui trouve ici sa première utilisation guerrière. Il pense réduire à néant ses anciens alliés mais sans grands résultats.

Zapata reste toujours entouré d'une troupe de fidèles qui tiennent toujours à leur idéal. Mais ce n'est pas le cas de tous : Pancho Villa, lui, préfèrera négocier et se tiendra tranquille en échange de cadeaux.

Zapata qui est resté incontrôlable et toujours potentiellement dangereux se marginalise rapidement. Carranza décide finalement de le trahir et le fait assassiner en 1919. Serait-ce alors la fin de 17 ans d'anarchie ? Il semble bien que la mort de Zapata signe la fin, d'autres diront la mort, de la Révolution de 1910.

Aujourd'hui, Emiliano Zapata reste présent dans tous les coeurs. Et une source d'inspiration pour les artistes mexicains. Il reste aussi une référence pour les opposants au régime. La réforme agraire, les droits des Indiens, la démocratie, tous ces combat ne sont pas encore terminés.

Au Chiapas, depuis 1994, le sous-commandant Marcos à la tête de l'Armée zapatiste de libération nationale mène la lutte contre le pouvoir central, se réclamant toujours de l'idéal de Zapata. En mars 2001, le dialogue semble se renouer entre les rebelles et le gouvernement de Vicente Fox (élu depuis juillet 2000 et qui avait fait du "problème du Chiapas" l'un des enjeux majeurs de son élection). La marche de 3000 km à travers le pays avec Marcos à sa tête, ainsi que 23 de ses commandants et de nombreuses personnalités, et médiatiquement appelé le "Zapatour", doit le conduire à Mexico le 11 mars où un rassemblement doit se tenir sur la Zócalo, la grande place devant le Palais Présidentiel. En guise de symbole, il traversera la ville en suivant le même chemin qu'avait suivi Zapata lorsqu'il pris possession de Mexico avec son armée révolutionnaire en 1914. Sortant enfin de la clandestinité, il pourra prendre la parole au nom des pauvres et des Indiens qui attendaient depuis 80 ans l'arrivée de ce nouvel espoir. 

"La Junte Révolutionnaire de l'Etat du Morelos n'acceptera aucun accord ni aucun compromis tant que les éléments dictatoriaux de Porfirio Diaz et de Francisco I. Madero ne seront pas renversés, car la nation est fatiguée des hommes faux et traîtres qui firent des promesses en tant que libérateurs et qui, une fois arrivés au pouvoir, les oublient et deviennent des tyrans"

Emiliano Zapata - "Plan d'Ayala" - 25 dåcembre 1911 
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 14:33
L'EZLN : l'idéal de Zapata toujours vivant, la lucha sigue...
 
 
marcos-3.jpgLa situation au Chiapas .
 
Pour planter le décor, une exode vers les montagnes du Chiapas… ceci afin de chercher la réponse à une question. Pour reprendre Marcos : "Nous, je veux dire le passe-montagne et la personne qui est derrière le passe-montagne, cherchions la réponse à une situation absurde, anachronique: pourquoi si peu de gens avaient tant et tant de gens avaient si peu ?".
 
La grande partie des combats de l'EZLN se situe au Chiapas.
La question qui peut vous venir à l’esprit est pourquoi le Chiapas ? c’est vrai, il y a d’autres régions du monde touchée par tant d’inégalités… et qui ont besoin d’être défendu… certes mais le Chiapas est un exemple flagrant et c’est celui qui touche Marcos par ses origines et ses idéaux…
Que se passe-t-il au Chiapas (région du Sud Est du Mexique) ? On peut résumer la situation par « Etat riche, population pauvre ».
Une des région les plus pauvres du Mexique, et un pays qui disposant de très nombreuses ressources, et très inégalitaire…
 
Rien de tel que l’explication à cette question par le concerné dirrectement…
La situation du Chiapas par Marcos :
« Bienvenue au Chiapas, vous y êtes ? Bien, supposez que oui. Vous êtes entré par l’une des trois routes qui mènent à cet Etat ?( ...) La richesse ne sort pas de ces terres que par trois routes. Le Chiapas saigne par des milliers de chemins : des oléoducs et des gazoducs, des lignes électriques et des wagons de chemin de fer, par la voie des comptes en banque, par camions et camionnettes, par des sentiers clandestins, des chemins de terrassement, par brèches et trous ; cette terre continue de payer son tribut aux empires : pétrole, énergie électrique, bétail, argent, café, bananes, miel, maïs, cacao, tabac, sucre, soja, sorgho, melon (...) Une poignée de marchands parmi lesquels l ’ Etat mexicain, emporte toute richesse du Chiapas et laisse en échange son empreinte mortelle et nauséabonde.(55% de la consommation d’énergie hydro-électrique nationale proviennent des barrages du Chiapas, par contre 40% de la population locale vivent encore sans électricité). Les compagnies pétrolières emportent le gaz et le pétrole et laissent en échange la marque du capitalisme : destruction écologique, dénuement agricole, hyperinflation , alcoolisme, prostitution et pauvreté. La bête ne se contente pas de cela et étend ses tentacules à la jungle lacandone : huit gisements de pétrole sont à l’étude. Les brèches sont ouvertes à la pointe de la machette, celles qu’empoignent ces paysans qui se sont vu déposséder de leurs terres par la bête insatiable. Les arbres tombent, les déflagrations de dynamite résonnent à travers des terres où seuls les paysans n’ont pas le droit d’abattre des arbres pour y semer. Chaque arbre abattu peut leur coûter une amende équivalente à dix fois le salaire minimum et une peine de prison. Le pauvre ne peut abattre les arbres ; la bête pétrolière, entre des mains chaque fois plus étrangères, oui. Le paysan déboise pour vivre, la bête déboise pour piller. Mais la plus grande richesse du Chiapas réside en ses habitants, dont les deux tiers vivent et meurent en milieu rural. La moitié n’a pas l’eau potable et les deux tiers n’ont pas d’évacuation d’eaux usées. Quatre-vingt-dix pour cent de la population disposent de revenus minimaux ou nuls.(...)La santé et l’alimentation rivalisent de misère. Cinquante-quatre pour cent de la population du Chiapas souffrent de malnutrition, chiffre qui dépasse les 80% dans les altos et la selva. »

Le sous commandant Marcos et l'EZLN.

Le sous commandant Marcos, "le che des temps moderne" est en quelque sorte l'icone des luttes Zapatiste actuelle. Son nom évoque l'espoir,son visage cagoulé impose le respect ..
 
Petite présentation de Marcos par Naomi Klein
“Cet homme masqué qui se fait appeler Marcos est le fils de King, de Che Guevara, de Malcolm X, d’Emiliano Zapata et de tous les autres héros qui, après nous avoir interpellés du haut de leur chaire, ont été abattus les uns après les autres, laissant des partisans aveugles et déboussolés, ayant perdu la tête. A leur place, le monde a maintenant un héros d’un nouveau genre, qui écoute plus qu’il ne parle, qui énonce des énigmes plutôt que des certitudes, un leader qui cache son visage, qui affirme que son masque est en fait un miroir.
Et les zapatistes nous ont donné, non pas le rêve d’une révolution, mais une révolution qui rêve. »


"Surprenant, insaisissable, dérangeant... Qui est le sous-commandant Marcos ? De son visage, on ne connaît que ses yeux. Avec sa cagoule noire, sa vieille casquette délavée, sa chemise marron, son pantalon noir, sa cartouchière en bandoulière et ses gros godillots... le chef zapatiste aime faire planer le mystère sur sa vie. C’est un dur, mais aussi apprend-on, un grand romantique. Avec l’amour, dit-il en évoquant sa compagne, " Mar ", " on a envie d’être né ce jour-là, et qu’il n’y ait rien eu auparavant ". Marcos aurait quarante-quatre ans, se nommerait Rafaël Guillen, aurait été professeur de philo... (mais ça on l’a déjà dit n’est ce pas ? !) Voilà pour la version officielle de l’identité du guérillero. Identité jamais validée par l’intéressé. Son père " présumé ", ancien fabriquant de meubles estime que son fils " est un Don Quichotte ". Marcos préfère, lui, cultiver l’image d’un " Che " moderne, mi-révolutionnaire, mi-poète, défenseur insoumis des Indiens du Chiapas. Avec une arme redoutable : Internet. Après un périple de trois mille kilomètres, Marcos et ses disciples, sont arrivés à Mexico. Ultime étape pour présenter au Parlement, une loi ouvrant l’autonomie aux communautés indiennes. Plus tard, une fois sa tâche accomplie, le guérillero l’a promis : il montrera son visage. Enfin. Et alors, dit-il, " une fois le masque enlevé, Marcos aura cessé d’exister ".
 
L'EZLN en espagnol ejercito zapatiste de liberacion nacinal est vous l'aurez compris l'armée zapatiste de libération nationale.
Une bande de guérillos masqués armée mais pacifiste, Ces "soldats d'un type nouveau", composés pour un tiers de femmes, forment " une armée dont le but le plus élevé est de disparaître".
car «Nous enlèverons les cagoules quand nous aurons signé la paix»
 
Les zapatistes sont des guérilleros curieux : ils n’ont combattu que 12 jours, en janvier 94, avant de se transformer en un mouvement armé non violent, qui marchent sur Mexico les mains nues mais avec un passe-montagne
Que revendiquent-ils ? Les revendications qui sont à l’origine de cette rébellion sont nombreuses :
-protestation face à la situation d’extrême pauvreté des indigènes et des paysans de tout le pays,
-revendication du droit de propriété sur les terres arrachées aux communautés indigènes,
-nécessité d’une plus juste répartition des richesses,
-participation des différentes ethnies à l’organisation de leur État et à l’organisation de la nation dans le respect des différences ethniques et culturelles qui la composent.
 
L'EZLN clame que la plupart des indigènes veulent laisser derrière eux les siècles de pauvreté, d'abus et de manque d'éducation. Mais qu'ils souhaitent en même temps conserver ce qu'ils jugent positif dans leur mode de vie, ce qui inclue la propriété communale ainsi que les élections publiques des autorités. L'EZLN s'est principalement battue pour l'autonomie des populations indigènes. Ses membres souhaitent la création d'une société où les communes puissent s'autogouverner, tout en recevant une aide extérieure dans les domaines où cela est nécessaire.
Cette situation est très complexe. Le Chiapas est un état trés riche en termes de ressources naturelles, principalement au niveau du pétrole, de la biodiversité. La plus grande part de l'électricité nationale y est produite. Cependant, la population de cette région est l'une des plus pauvres du Mexique. L'autonomie voulue par l'EZLN inclut le contrôle de ces ressources par les populations locales, ce qui entraîne une forte opposition au sein de certains groupes.
en gros les revendications des Zapatistes se résument en 11 points
Ces revendications se résument en onze points :
 
Le toit, La terre, Le Travail, Le Pain, La santé, l'éducation, l'indépendance, la justice,la Liberté, La Démocratie, La Paix.


1er Janvier 1994 : Début des hostilités.

Tout commence en 1994, le 1er janvier, lorsque les troupes paramilitaires du "Sous-Commandant Marcos"EZLN, l'Armée zapatiste de libération nationale. Leurs revendications ne sont pas nouvelles : plus de libertés publiques, de droits civils, des écoles, des hôpitaux, des crédits à taux bonifiés, la répartition équitable des terres, le respect de leurs langues et de leurs traditions, la participation dans les décisions politiques qui les concernent ... En fait, ce que réclamaient déjà les révolutionnaires le 1910 : "Tierra y Libertad !". De plus, la question des Indiens et de leur place dans la société mexicaine est enfin posée, ce qui revient à dire qu'il trouve enfin le moyen d'exprimer non seulement leurs doléances, mais tout simplement d'affirmer leur existence car "ils sont les oubliés de la patrie". investissent et occupent les principales villes de l'Etat du Chiapas, dont San Cristóbal de Las Casas, la plus touristique de la région, et à l'exception de la capitale, Tuxla de Guttiérez. Ce n'est pas un hasard car c'est aussi le jour où entre en vigueur l'accord sur l'ALENA (Accord économique de libre échange), traité économique signé par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, tournant libéral souhaité par le F.M.I. (Fonds monétaire internationale) de la politique économique mexicaine : il fallait frapper fort pour se faire entendre. Le pays est sous le choc, et découvre avec surprise ces rebelles masqués qui se réclament du légendaire Emiliano Zapata.


Au début, les combats sont limités. Le gouvernement est dépassé car il n'y a pas beaucoup d'informations et on ne sait pas trop ce qu'il se passe... On envoie l'armée qui tente rapidement de reprendre les choses en main. Il y a des bombardements massifs sur les positions zapatistes et des combats très durs dans les rues des villes. Le 12, on dénombre 400 morts mais la population locale semble se rallier au insurgés.

Voyant que la situation ne tourne pas à son avantage, le président Carlos Salinas ordonne à l'armée d'appliquer un cessez-le-feu et dépêche un émissaire pour entamer des discussions avec ces rebelles qui semblent déterminés et bien armés (La rumeur parlait d'eux depuis quelques années, mais en fait les experts estiment aujourd'hui qu'ils étaient moins de 1000 hommes en arme et sans grosse logistique).

Les premiers contacts ont lieu le 21 février à San Cristóbal mais ils ne mènent à rien. L'armée est prise de court et le gouvernement s'inquiète d'une possible flambée dans les autres régions. Le 10 juin, les zapatistes refusent la paix. Tout cela fait désordre auprès des autres nations (et des touristes), la presse se déchaîne et Salinas ne voit qu'une solution pour calmer le jeu : la création d'une commission gouvernementale et la promesse de mettre en route une réforme agraire "aménagée". Mais les réformes promises ne sont que partiellement appliquées. L'Armée fédérale et la police investissent massivement la région : les élections présidentielles approchent et la force semble être le meilleur moyen de bâillonner les contestations qui pourraient apparaître dans d'autres régions. De plus, le gouvernement sait bien que le Chiapas, malgré la pauvreté qui ronge sa population, est un état riche et même vital pour le reste du pays car il lui fournit à lui seul plus de 40% de son énergie grâce aux nombreux barrages hydroélectriques qui quadrillent la région. Sans compter les gisements de gaz et de pétrole qui aiguisent les appétits des grandes multinationales. D'ailleurs, c'est aussi un autre sujet de revendication des zapatistes que de dénoncer les effets néfastes de la mondialisation qui multiplie les richesses mais ne les redistribue pas
 

En août, les élections nationales reconduisent le P.R.I. au pouvoir : le nouveau président, Ernesto Zedillo Ponce de Léon, promet de reprendre les négociations mais l'EZLN dénonce les fraudes constatées et surtout l'assassinat de son rival du P.A.N. Luis Donaldo Colosio (dont on apprendra plus qu'il fut assassiné sur l'ordre direct du frère de Zedillo, Ernesto Zedillo étant lui-même actuellement en exil en Irlande !). De plus, à peine élu, une grave crise financière s'abat sur le pays qui doit faire d'urgence appel aux instances internationales et aux Etats-unis pour ne pas sombrer. La population réagit violemment dans cinq états et le pouvoir doit montrer qu'il est toujours aux commandes. Le nouveau gouverneur du Chiapas ne fait que continuer la politique précédente et il faut attendre la fin de l'année pour que l'évêque de San Cristóbal, Monseigneur Samuel Ruiz García, qui milite activement pour la cause indienne, accepte d'être le médiateur officiel des nouvelles négociations qui s'engagent entre les deux partis sous le nom de "Commission nationale de médiation" (Conai).

1995..

En 1995, alors que le gouvernement était en plein pourparler avec les zapatistes, et sur le point de signer les Accords de San Andrès, la population et les touristes pouvaient voir des publicités vantant la beauté paradisiaque du Chiapas sur les chaînes nationales. Quelques minutes plus tard, dans les journaux télévisés, ils pouvaient voir ces guérilleros cagoulés qui semblaient avoir pris le contrôle de presque toute la région...

Il n'y avait pas de problème au Chiapas, du moins pour les agences de tourisme et les gens de la capitale : c'est une tradition au Mexique que de tenir plusieurs discours...

Le sous-commandant Marcos commence à propager son image de rebelle cultivé, avec sa fameuse pipe et ses bottes en caoutchouc. Malgré l'organisation communautaire et la partage des tâches et des biens qui font penser au modèle communiste, Marcos se démarque rapidement du Che, auquel on veut le comparer : la guerre froide est terminée et il semble bien qu'il ne veuille pas imposer un nouveau régime politique marxiste ou nationaliste comme ce fut le cas dans les années 80 au Nicaragua, au Salvador ou au Guatemala.

On peut constater aussi que leur combat ne les a jamais conduit à assassiner aveuglément, ni à faire d'attentat meurtrier, ni à s'associer aux narco-trafiquants (comme en Colombie ou au Pérou), ni à pratiquer l'enlèvement contre rançon pourtant si fréquent au Mexique. Des guérilleros pacifiques ? L'histoire n'en a guère connu, et pourtant c'est leur ligne de conduite.

Tout ce qu'ils réclament, c'est l'application juste et entière de la loi et des principes posés par la Constitution mexicaine et qui sont les principes des Droits de l'Homme : que tous les citoyens soient libres et égaux en droit. On peut faire le parallèle avec le combat des Noirs nord-américains pendant les années 60. Malgré leurs diverses origines, ces Indiens sont nombreux : 10 millions, un Mexicain sur 10. Son discours parle aussi des conséquences désastreuses du néolibéralisme qui ne font qu'aggraver les inégalités ici comme ailleurs. C'est aussi ce qui explique sa popularité et son discours mesuré qui dépasse les frontières de son pays. Mais qui est-il vraiment ? Une histoire dit de lui qu'il serait arrivé au Chiapas après une soirée bien arrosée et qu'au lieu d'aller à Acapulco, il se serait retrouvé-là par erreur. On sait aussi qu'il n'a aucune origine indienne. Et faut-il croire les militaires qui semblent avoir réussi à le démasquer : Rafael Sebastián Guillén Vicente, 44 ans, ancien professeur de philosophie reconverti dans la lutte armée, ce qui serait compatible avec ses propos souvent agressifs, notamment à l'égard de Fox, mais qui dans le fond sont très légalistes ?

les Accords de San Andrés Larrainzar

Le 16 février 1996, un accord est enfin signé : les "Accords de San Andrés Larrainzar" reconnaissent enfin le droit des Indiens. C'est le nœud du problème du Chiapas : les Indiens que les Mexicains préfèrent appeler "Indigènes". 500 ans après la Conquête espagnole, les Indiens restent déconsidérés, sans les droits élémentaires ni la reconnaissance que la constitution doit leur garantir.

En ce mois de mars 2001, une affaire défraye encore la presse locale : la traite de femmes dans les zones isolées des hauts-plateaux du Chiapas révèle que l'esclavagisme n'est pas mort au Mexique. Ce n'est que l'un des aspects de la discrimination qui les touche. L'Etat n'a jamais rien fait dans cette zone reculée et ce n'est plus maintenant qu'il peut le faire. De plus, avec les conflits révolutionnaires au Nicaragua et ailleurs, la région a vu le flot des réfugiés s'installer sans pouvoir faire grand chose non plus pour les aider. Les Indiens du Chiapas restent cantonnés dans leurs forêts sans pouvoir revendiquer quoi que ce soit. Ils sont le triste symbole des autres Indiens du Mexique. Leur cause se diffuse peu à peu et certains intellectuels s'engagent n'hésitant plus à parler d'un véritable "ethnocide silencieux" qui les condamnent tous à moyen terme. Ethnocide comme c'est le cas pour les Lacandons, ethnie descendant des Mayas et dont la population n'est plus constituée aujourd'hui que de quelques centaines de membres qui n'ont que peu de chance de survivre aux assauts de la modernité (et alors qu'ils avaient été relativement épargnés pendant plusieurs siècles car ils s'étaient réfugiés dans le forêt dense du centre du Chiapas). Mais, ils ne sont pas les seuls : Tzotziles, Tzetales, Mochos, Tojolabades... En tout, plus d'un million d'Indiens, "ceux qui ont la couleur de la terre". Malgré la signature des "Accords de San Andrés", il apparaît rapidement que ce ne soient-là qu'une manœuvre de diversion. Comme à son habitude, le gouvernement ne ratifie pas ces accords qui demanderaient trop de moyens financiers et humains. Le Mexique est immense et ses priorités sont ailleurs...

1997 ...

En juin 1997, après 3 ans et demi de négociations infructueuses, Monseigneur Samuel Ruiz García quitte la table des négociations de la Conai qui se dissout aussitôt. Il a échappé quelques mois plus tôt à un attentat et il réalise que le gouvernement ne souhaite pas de règlement pacifique qui lui ferait perdre la face et continue de manigancer dans l'ombre. Ici, c'est une tradition vieille comme le pays que de régler les problèmes politiques par les armes. L'armée installe sept garnisons dans le région, et ce n'est que grâce aux efforts des ONG et de la "société civile" que le fief de Marcos, le village de la Realidad, n'est pas pris d'assaut avec les conséquences que l'on imagine.

Mais le calme n'est pas revenu : dès la fin de l'année, des massacres de sympathisants sont signalés comme à Acteal le 22 décembre (45 Indiens Tzotzils parmi lesquels 21 femmes et 15 enfants...). Il semble que ce soit le fait de paramilitaires dont les tristes "Masques Rouges", affiliés au P.R.I. : très disciplinés et surtout constitués par les familles des propriétaires terriens, leurs ordres ne peuvent venir que d'en haut... D'autres groupes paramilitaires se sont constitués en réaction, comme les "Guardias Blancas" ou "Paz y Libertad" (qui revendiquera l'attentat contre Monseigneur Ruiz García), dirigés par les patrons des latifundias, ces grands propriétés agricoles qui produisent surtout du café et appartenant essentiellement aux "blancs" qui ont peur de perdre leur terres, et qui recrutent alors à tour de bras des Indiens en espérant semer la division dans leurs rangs.

Des opérations de représailles sont menées mais les massacres ne font que renforcer la déterminations des zapatistes qui voient affluer dans leurs bastions les populations apeurées qui ont fui les zones dangereuses. Leur vie dans les montagnes froides et humides ne fait que les affaiblir davantage. Même la Croix Rouge mexicaine ne peut plus assurer sa mission, manquant de médicaments ou tout simplement parce que les militaires leur interdisent de circuler dans les zones incontrôlées. Pire, les médicaments dont ils disposent sont souvent périmés ce qui accroît le méfiance des Indiens. Depuis, rien n'a vraiment évolué et aucune solution ne semble être envisageable malgré les pressions intérieures et internationales qui grossissent avec l'importance croissante du Mexique sur la scène internationale.

2000 : année d'éléction.


Au mois de juillet 2000, Vicente Fox Quesada, le candidat de P.A.N. (Parti d'Action Nationale, centre-droit), est élu triomphalement par la population et met fin au règne sans partage du P.R.I. pendant plus de 70 ans. Il a évidemment fait des promesses pour le Chiapas, et avait même déclaré qu'il pouvait régler pacifiquement le problème de Chiapas "en un quart d'heure"... Marcos le prend au mot mais il faut attendre décembre 2000 pour que Fox soit effectivement investi. Marcos et les zapatistes retrouvent confiance car ils savent que Fox n'est plus l'homme de paille d'un parti qui contrôlait tous les rouages du pouvoir pour son compte. Marcos ne reconnaissait aucune légitimité au précédent président Salinas et n'envisageait pas de négocier véritablement avec lui. Avec l'élection de Fox, la situation semble s'éclaircir ..

Les Zapatistes marchent sur Mexico.


L'idée d'une marche sur la capitale Mexico semble farfelue, voire suicidaire, mais certains voient-là une idée de génie. On repense à Zapata et Pancho Villa prenant la ville par les armes et s'installant au palais présidentiel... Mais on sait que le mouvement zapatiste souhaite une solution pacifique au problème de Chiapas : ils proposent de se rendre à Mexico sans leurs armes et avec l'intention de s'intégrer à la vie politique "normale".

Il s'agit surtout de mettre la pression sur Fox qui prône officiellement la réconciliation. Pour que le gouvernement puisse envisager d'arriver à une solution, il lui suffit de mettre en œuvre les trois revendications posées par Marcos avant tout dialogue : ratification des "Accords de San Andrés" qui sont restés lettre morte depuis 5 ans, libération des prisonniers politiques et évacuation des troupes militaires de la région.

Fox ne peut que poursuivre l'élan qu'il a initié. Que risque-t-il d'ailleurs maintenant que le pouvoir semble avoir retrouvé sa légitimité auprès de la nation ? Pourtant, les "Accords de San Andrés" demandent un modification de la constitution, à la majorité des deux tiers, et que la chambre des députés est toujours majoritairement aux mains de l'ancien gouvernement qui ne manquera pas une occasion de se ressaisir. D'ailleurs, lorsque la marche a commencé, seuls soixante militants zapatistes avaient été relâchés (sur une centaine), et seule une partie des militaires était partie. Tout cela peut se comprendre : Fox montre qu'il a l'avantage puisqu'il a le pouvoir et qu'on ne peut lui forcer trop facilement la main. Mais est-ce la vérité ?

La marche des zapatistes menée par le sous-comandant Marcos à travers tout le sud du pays (3.000 km à travers 12 Etats) s'est achevée dimanche 11 mars sur le zócalo, la grande place de Mexico, devant le Palais présidentiel. 200000 personnes ont pu lui apporter-là le soutien qu'il savait par avance acquis.

Les sondages montrent que 40 à 50 % des mexicains sont favorables à Marcos et ils sont nombreux à attendre ces changements que lui seul semble être capable de provoquer. Et de voir certains journalistes comparer cette "longue marche" à celle de Mao, ou d'autres de voir en Marcos un messie. Mais son objectif est connu. Il est plus à comparer à Gandhi ou à Martin Luther King : un guide spirituel au discours fédérateur sans être démagogique. Le Mexique doit retrouver sa fierté et ce n'est pas pour rien que Marcos répète dans tous ses interviews : "Il est temps que ce pays cesse d'être une honte. C'est l'heure des peuples indiens", car il sait que tous les mexicains sont des Indiens, dans le sens ou tous ont le droit à profiter pleinement de leur citoyenneté. Fox et les zapatistes ont déjà trouvé un accord sur le contenu de la "Loi sur les droits et la culture indigène" et sur les propositions de la "Commission de concorde et de pacification" (Cocopa) mise en place en 1995. A Fox de convaincre les membres du Congrès (qui est l'équivalent du Parlement français) de la nécessité de cette réforme tant de fois promise. Mais ce n'est que le début d'un long processus qui doit durer plusieurs mois avant l'adoption d'une nouvelle constitution qui ne fera plus des Indiens des parias. On imagine l'immense espoir qui est apparu dans la population mexicaine mais aussi dans tous les autres pays d'Amérique Latine qui connaissent aussi ce problème.

Au bout de cette semaine passée à Mexico, le Sous-Commandant Marcos n'a toujours pas obtenu ce qu'il voulait. Il semblait penser que les débats sur la loi en faveur des Indiens au Congrès s'engageraient rapidement mais les députés non pas suivis. Il souhaitait aussi pouvoir s'exprimer directement à eux à la tribune avant l'ouverture des débats mais rien n'a été encore décidé pendant la semaine. La gauche est dans l'ensemble favorable à cette intervention mais la droite ne semble pas vouloir accepter qu'un rebelle masqué puisse s'exprimer devant eux dans l'enceinte de l'hémicycle. Marcos soupçonne en fait les députés de refuser cette "discussion digne" que le président Fox avait promis d'orchestrer. De l'Ecole nationale d'anthropologie et d'histoire de l'université de Mexico où il est "hébergé", il a menacé hier de retourner dans sa forêt du Chiapas si la situation n'évoluait pas d'ici la fin de la semaine prochaine. Condamnant l'"étroitesse d'esprit" des politiciens mexicains, il a affirmé devant les journalistes que "les zapatistes ont attendu avec patience que le Congrès accepte un dialogue digne et respectueux" et que leur refus de tenir leur promesse est "indigne et irrespectueux". Le bras de fer est engagé

Cepandant, Malgré leurs réticences, les députés (composant la chambre basse du Congrès mexicain) ont finalement autorisés les zapatistes à pénétrer dans leur enceinte. Lles guérilleros masqués ont pu entrer dans le Parlement, acclamés par des milliers de sympathisants qui s'étaient amassés autour de l'édifice. On frôle le surréalisme : imaginez des séparatistes corses cagoulés assis au premier rang de l'Assemblée Nationale ! Pourtant, cela s'est produit. Même si les 207 députés du P.A.N., le parti de président Fox, n'ont pas voulu assister à ce qu'ils considèrent comme une hérésie. C'est un jour historique car jusque-là la tribune du Parlement était réservée aux présidents, aux chefs d'Etat étrangers, aux ministres ou parlementaires. Cependant Marcos n'a pas voulu faire partie de la délégation invitée à exposer ses revendications : l'adoption d'une nouvelle loi permettant une plus grande autonomie politique pour la communauté indienne du Mexique et surtout la promesse d'abandonner la lutte armée si cette nouvelle loi était adoptée. Est-ce la preuve d'une mauvaise volonté ou a-t-il préféré s'effacer face à la pression médiatique qui pourrait nuire au message des zapatistes et laisser un véritable indien parler à la tribune ? C'est une femme d'origine indienne qui l'a remplacé, le commandant Esther, pour l'ouverture des débats. Elle a pu prendre la parole devant les députés, le visage masqué, vêtue d'un châle traditionnel blanc brodé de fleurs roses.

Au premier rang de l'hémicycle avait pris place les 23 commandants de l'EZLN. Calmes et attentifs, ils ont pu écouter le discours de leur représentante.

Les zapatistes ont ensuite pu être interrogés par les députés par l'intermédiaire de leurs porte-paroles, les commandants David et Zebedeo. La reprise des négociations, qui ne passe aussi que par la diminution de la pression militaire sur les bases rebelles du Chiapas, est entamée. Déjà, la rencontre du commandant zapatiste Germán et du responsable du gouvernement pour la paix , Luis H. Alvárez arrivé cette semaine au Chiapas, ont portés leurs fruits : d'autres prisonniers zapatistes ont été libérés. Puisque les promesses commencent à être remplies, les zapatistes se disent prêts, après 7 ans de guérilla, à abandonner la lutte armée. Mais ce ne sera pas dans l'immédiat.

Marcos est réapparu devant le Parlement dès la fin du discours de sa représentante pour tenir un meeting improvisé. Il s'est félicité de la reprise du processus, mais a annoncé son intention de retourner au plus vite au Chiapas : "Demain, nous allons faire nos sacs à dos pour rentrer chez nous". Mais peut-il déjà crier victoire ? Il semble que non et les observateurs ne peuvent que se souvenir de sa promesse : il n'enlèvera son passe-montagne que le jour où son combat sera terminé...

Marcos est rentré au Chiapas ce premier avril acclamé comme un libérateur par la foule qui l'attendait après sa mission dans la capitale. Il est rentré dans les livres d'histoire... Il sait qu'il a gagné la première manche. Le porte-parole de Fox peut enfin dire : "Pour trouver une solution au conflit du Chiapas nous avons fait plus en six mois que durant les six dernières années."

Quelques chiffres en guise d'exemple : des prêts, des microcrédits, plus de 150000 familles indigènes concernés dans tout le pays, et indique que deux des bases militaires du Chiapas (Réo Euseba et Guadalupe Tepeyac) seront transformés en "centre de développement indigène". La machine semble être lancée mais la hiérarchie suivra-t-elle ? On connaît l'inertie de l'administration et il n'est pas sûr que l'enthousiasme des sénateurs soit général après des caciques locaux.

Les sénateurs mexicains, après des débats qui se sont déroulés dans une ambiance assez sereine, ont enfin adoptés dans la nuit la "Loi sur les droits des indigènes". C'est une grande victoire pour les Zapatistes et pour le gouvernement qui remplit ainsi la seconde condition posée par Marcos pour sceller l'accord de paix définitif. Encore faudra-t-il la confirmation de ce vote par celui des députés...

L'après Mexico...

Un correspondant du journal "Le Monde" à Mexico, André Renaud, titrait "Menaces sur le dialogue de paix au Mexique".

La loi adoptée par les sénateurs semble finalement passer sous silence l'essentiel des revendications des Indiens comme le reconnaît lui-même l'un des membres du gouvernement : "Il faut reconnaître pleinement l'autonomie des Indiens". Le président Vicente Fox doit désormais trouver le moyen de sortir de l'impasse et ne pas donner l'impression qu'il n'a fait les choses qu'à moitié. Mais la tâche est d'autant plus difficile que sa propre formation, le Parti d'Action Nationale, a déjà indiqué qu'elle n'était nullement disposée à modifier dans le bon sens la nouvelle loi. Fox aura-t-il assez d'autorité pour contraindre ses troupes à modifier un texte qu'elles jugent déjà très (trop) libéral ? Marcos est rentré au Chiapas et le temps ici au Mexique joue en faveur de ceux qui ont le pouvoir. Diego Fernando de Cevallos, le leader du  PAN, parti du président Fox, n'a pas caché qu'il jugeait, lui et les députés, en avoir fait déjà beaucoup : "Au Parlement, ce sont les sénateurs et les députés qui décident et non le sous-commandant Marcos".

Au Chiapas, Marcos perd patience malgré le crédit qu'il avait accordé au Parlement. Aujourd'hui, il dénonce ce qu'il appelle "le sabotage" que constitue le vote de cette loi vidée de sa substance et demande à son représentant demeuré à Mexico de suspendre sine die toute discussion avec les autorités. Cette première étape décevante amène déjà un nouveau bras de fer qui ne pourra pas durer. Nous arrivons à un nouveau moment délicat et c'est au président Fox de trouver la solution entre des parlementaires qui estiment en avoir fait suffisamment et des zapatistes qui restent méfiants face à un gouvernement habité aux volte-faces.

C'est un mauvais film qui se joue à Mexico 

Les sénateurs qui étaient sensé écrire une nouvelle loi donnant enfin des droits et une autonomie aux Indiens, et qui avaient cru pouvoir se débarrasser du problème du Chiapas si simplement, ont finalement largement amendés le texte de loi, le rendant insatisfaisant pour tous. La gauche n'a rien pu faire : "C'est une infamie contre les Indiens, cette réforme est totalement illégitime. On vient de renier la reconnaissance de leurs droits et de leur culture" (Libération du 16/07), comme le dit Hector Sanchez , député du PRD, effaré de voir que c'est un nouvel affront pour tout ceux qui avaient espéré que le problème allait enfin être dignement résolu. La loi était passé comme un lettre à la poste depuis son adoption en avril par le parlement, puis par les Assemblées des 31 états que compte le pays et qui se poursuivent (dont déjà 17 pour, 9 contre dont ceux qui sont le plus concerné par la question indienne : Le Guerrero, Oaxaca et... même le Chiapas, qui n'a pas réussi à trouver une majorité de "oui").

Les Zapatistes n'ont pas repris de contact officiel avec le gouvernement et leur porte-parole du Chiapas signale déjà la présence de nouvelles forces militaires "qui seraient en train de se redéployer". Marcos muet, les Indiens dans l'attente, il n'y a que Fox qui se permet d'être encore optimiste mais, comme le dit Hector Sanchez :"il s'est moqué des Indiens. Il fait de beaux discours en leur faveur, mais il permet le vote d'une loi contre eux".
 

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Nous nous arrêtons au bord de l'année 2003...

Le Zapatisme est pourtant plus que jamais d'actualité !

Mais Marcos et l'EZLN continuent toujours de lutter...Nottament grâce a internet qui constituent une de leur meilleurs armes !

Il y a un an, lors des premiers jours de l'année de 2006, alors que tout le monde croyait l'EZLN terminée, les zapatistes ont repris leur marche avec un deuxième Zapatour !

Marcos écrit beaucoup, Il a nottament publié un livre : Ya basta. En deux tomes  remplis de clés, de réalité, de poésie et de larmes. Ils rassemblent deux ans de communiqués de Marcos adressés aux peuples, aux journaux, aux gouvernement, aux associations, à des auteurs parfois, à des enfants.
les bénéfices sont intégralement reversés à la lutte de l’EZLN
Ces livres, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne caressent jamais la violence dans le sens du poil. Ils ne sont pas un cri de guerre, mais un témoignage de survie, et un appel à la résistance pacifique, civile et mondialisée des utopistes.
Je le conseille à toutes celles et tous ceux que les enjeux de notre avenir commun interpellent.
Le zapatisme n’est définitivement pas un dogme totalitaire, mais il offre un très beau point de départ à une réelle révolution spirituelle.

Pour finir cet article par une petite citation..

 

"Au-delà de leurs échecs et de leurs succès,

les zapatistes ont transformés, de façon radicale,

ce que signifie aujourd'hui être mexicain."

Tim Jordan

 

 

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MJCF Pévèle-Mélantois - dans Zapatisme
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 14:30
Communiqué de l'EZLN

 

Sous-commandant Marcos 

Jusqu'à aujourd'hui, 18 janvier 1994, seule nous est parvenue la proposition de « pardon » qu'offre le gouvernement à nos forces.
Mais de quoi devons-nous demander pardon? Que veut-on nous pardonner?
De ne pas mourir de faim? De ne pas nous taire dans notre misère? De ne pas avoir accepté humblement le poids titanesque d'une histoire lourde de mépris et d'abandon? De nous être soulevés parce que toutes les autres issues étaient fermées? () D'avoir démontré au reste du pays et au monde entier que la dignité humaine continue d'exister et qu'elle s'enracine chez les plus pauvres? De nous être bien préparés, délibérément, avant de commencer? D'avoir utilisé des fusils de combat plutôt que des arcs et des flèches? D'avoir appris à nous battre avant de le faire? D'être tous Mexicains? D'être majoritairement des Indiens? D'appeler l'ensemble du peuple mexicain à rejoindre la lutte, sous toutes ses formes, pour ce qui leur appartient? De ne pas suivre les modèles des guérillas antérieures? De ne pas nous rendre? De ne pas nous vendre? De ne pas nous trahir? Qui doit demander pardon? Qui peut pardonner?
Ceux qui pendant des années et des années se sont assis et rassasiés à des tables pleines pendant que nous nous attablions avec la mort, si familière, si quotidienne que nous n'en avons plus peur? Ceux qui ont rempli les sacs et les âmes de promesses et de déclarations? Nos morts, si majoritairement morts, si démocratiquement morts de peine, parce que personne ne faisait rien pour eux, parce que tous les morts, nos morts, partaient, sans que personne ne s'en soucie, comme ça, sans que personne ne s'en rende compte, sans que personne ne s'insurge en disant enfin ASSEZ! et ne donne ainsi un sens à toutes ces morts, sans que personne ne demande aux morts de toujours, nos morts, qu'ils viennent mourir encore, mais cette fois, pour vivre? Ceux qui ont refusé de nous octroyer le droit et la charge de gouverner et de nous gouverner? Ceux qui ont méprisé nos traditions, notre couleur, nos langues? Ceux qui nous traitent comme des étrangers sur notre propre terre et exigent des papiers et l'obéissance à une loi dont nous ignorons l'existence et le bien-fondé? Ceux qui nous ont torturé, emprisonnés, assassinés, fait disparaître, pour le grave délit de demander un morceau de terre, pas un grand morceau, pas un petit morceau, un morceau juste ce qu'il faut pour y faire pousser de quoi remplir l'estomac?
Qui doit demander pardon, qui peut pardonner?
Le président de la République? Les sénateurs? Les députés? Les gouverneurs? Les maires? Les policiers? L'armée fédérale? Les grands messieurs de la banque, de l'industrie, du commerce et de la terre? Les intellectuels? () Les étudiants? Les instituteurs? Les ouvriers? Les paysans? Les Indiens? Les morts d'une mort inutile?
Qui doit demander pardon, qui peut pardonner?
Voilà, c'est tout pour le moment.
Salut, et une accolade car, avec ce froid, les deux sont bienvenus, je crois, même si elles émanent d'un « professionnel de la violence ».

Depuis les montagnes du sud-est mexicain,

 

Sous-commandant insurgé Marcos


______________________________

Quelques citations, extraites des communiqués de l'EZLN, ou des deux tomes de Ya Basta.
ya-basta-1.gif« Un petit morceau de lune...
Mais en vérité ce n’est pas un
mais deux petits morceaux :
le morceau de la face obscure de la lune
et le morceau de la face brillante de la lune.
Et ce qu’il faut ici comprendre
c’est que le petit morceau qui brille
brille parce qu’il y a une face obscure.
C’est la face obscure de la lune
qui rend possible la face brillante de la lune.
Comme pour nous
si c’est notre tour d’être la face obscure de la lune
nous ne sommes pas moins pour autant,
c’est parce que nous somme prêts
à être la face obscure
que tout le monde peut voir la lune
en fin de compte la face obscure vaut plus
parce qu’elle brille pour d’autres cieux
et parce que, pour qu’on puisse la voir
il faut apprendre à voler très haut.
Et c’est ainsi que
peu nombreux sont ceux qui veulent bien souffrir
pour éviter à d’autres la douleur
et mourir
pour que d’autres vivent et c’est ainsi
puisque les bottes et la lune et cetera et point.”
 
                                                                                                                                            
***

" Pour qu'on nous voie, nous nous sommes masqués le visage; pour qu'on nous donne un nom, nous avons pris l'anonymat; pour avoir un avenir, nous avons mis notre présent en jeu; et, pour vivre, nous sommes morts "
 
***
 
«Nous enlèverons les cagoules quand nous aurons signé la paix»
 
***
 
"le problème n'est pas de conquérir le pouvoir, on sait que le lieu du pouvoir est désormais vide, et que la lutte pour le pouvoir est une lutte pour le mensonge. Ce qu'il faut à l'heure de la globalisation, c'est batir une nouvelle relation entre le pouvoir et les citoyens."
 
***
 

"Le passe-montagne est ce qui a permis de rendre visible ceux que l'on avait rendu invisibles : les Indiens mexicains"

*** 

"Malgré son énorme richesse,..., au Chiapas,
le tiers des enfants n'est toujours pas scolarisé,
et à peine un élève sur cent parvient à intégrer l'université.
Chez les indigènes, l'analphabétisme dépasse 50 %,
et leur taux de mortalité est supérieur de 40% à celui des habitants de la capitale..."
 

***

 

"Tu veux savoir qui est Marcos ?

Qui se cache sous son passe-montagne ?

Alors prend un miroir et regarde-toi.

Le visage qui s'y reflète est celui de Marcos.

Car nous sommes tous Marcos..." 

***

"Nous voici, nous sommes la dignité rebelle, le coeur oublié de la patrie"

***

 "Si tu ne peux pas avoir, et la raison, et la force, choisis toujours la raison et abandonne à l'ennemi la force. Dans de nombreuses batailles, la force permet d'obtenir la victoire, mais une guerre ne se gagne que grâce à la raison. Le puissant ne pourra jamais tirer de la raison de sa force, tandis que nous pourrons toujours tirer force de notre raison."

***

« Parce que la musique ne se compose pas d’une seule note mais de plusieurs, parce que la danse n’est pas un seul pas répété jusqu’à l’ennui. De la même façon, la paix ne sera pas, si ce n’est un concert de mots et de beaucoup de regards dans une autre géographie...  »

***

  Ceux qui sont au Nord n’habitent pas un nord géographique mais dans un Nord social, ce sont ceux d’en haut. Ceux qui vivent au Sud sont ceux d’en bas. La géographie s’est simplifiée, il y a un "en haut" et un "en bas". Le "en haut" est étroit, peu de gens y trouvent leur place. Le "en bas" est tellement large qu’il couvre toute la planète et qu’il offre un espace pour toute l’humanité  » 

***

Ces dernières années, le pouvoir de l'argent à présenté sous un nouveau masque sonyabasta2.jpg visage criminel.
Par dessus les frontières, sans distinction de race ou de couleur, le pouvoir humilie les dignités, insulte les honnêtetés et assassine les espérances. Rebatisé "néolibéralisme", le crime historique de la concentration de privilèges, de richesse et d'impunités, démocratise la misère et le desespoir.
Une nouvelle guerre mondiale se livre, mais contre l'humanité tout entière à présent. Comme toutes les guerres mondiales, ce qui est recherché, c'est un nouveau partage du monde.
cette guerre moderne qui assassine et oublie porte le nom de "mondialisation". Le nouveau partage du monde consiste à concentrer du pouvoir au pouvoir et de la misère à la misère.
Le nouveau partage du monde exclut les "minorités". (...) Les majorités qui forment les sous-sols du monde, le pouvoir ne les voit que comme des minorité superflues. Le nouveau partage du monde exclut les majorités. (...)
Mais un souffle, le souffle de la dignité. Une fleur, la fleur de l'espoir. Un champ, le champ de la vie.
La dignité est cette patrie sans nationalité, cet arc-en-ciel qui est aussi un pont, ce murmure du coeur quel que soit le sang qui le vit, cette irrévérence rebelle qui se moque des frontières, des douanes et des guerres.
L'espoir est cette insubordination qui rejette le conformisme et la défaite. (...) Il n'est pas nécessaire de conquérir le monde. Il suffit de le refaire. Nous. Aujourd'hui.

 

***

Et les plus anciens parmi nos anciens racontent qu'un certain Zapata s'était levé au nom des siens et que sa voix chantait plus qu'elle ne criait " Terre et liberté ! ".

Et ces anciens disent qu'il n'est pas mort, que Zapata doit revenir. Et les plus anciens parmi nos anciens racontent que le vent, la pluie et le soleil disent au paysan quand il doit labourer, quand il doit semer et quand il doit récolter. Et ils racontent que l'espoir aussi se sème et se récolte. Et ces anciens disent que le vent, la pluie et le soleil se mettent à parler d'une façon nouvelle à la terre, que tant de misère ne peut continuer à donner cette moisson de mort, qu'elle doit commencer à donner une moisson de révolte.

***

 

Les zapatistes et les pommes
par Sub-comandante insurgente Marcos
23 juillet 2003

Durito dit que la vie est comme une pomme. Il dit aussi qu’il y a ceux qui la mangent verte, ceux qui la mangent pourrie et ceux qui la mangent mûre.
Durito dit qu’il y en a certains, très peu, qui peuvent choisir comment ils mangent la pomme : dans un splendide arrangement de fruits, sous forme de purée, de l’un de ces détestables (pour Durito) sodas à la pomme, de jus, de gâteau, de biscuit, ou sous toute autre forme que prescrit la gastronomie.
Durito dit que les peuples indigènes se voient obligés de manger la pomme pourrie et qu’on impose aux jeunes la digestion de la pomme verte, qu’on promet aux enfants une superbe pomme alors qu’on la leur empoisonne avec les vers du mensonge, et qu’on dit aux femmes qu’on leur donne une pomme alors qu’on ne leur donne qu’une demi-orange.
Durito dit que la vie est comme une pomme.
Il dit aussi qu’un zapatiste, quand il se retrouve face à une pomme, ne fait ni une ni deux et la coupe en deux d’un coup précis.
Durito dit que le zapatiste n’essaie pas de manger la pomme, qu’il ne remarque même pas si la pomme est mûre ou pourrie ou verte.
Durito dit que, une fois la pomme à coeur ouvert, le zapatiste prend avec délicatesse les pépins, s’éloigne et laboure une parcelle de terre et les sème.
Puis, dit Durito, le zapatiste arrose la pousse de ses larmes et de son sang, et veille à la croissance.
Durito dit que le zapatiste ne verra même pas le pommier fleurir, encore moins les fruits qu’il donnera.
Durito dit que le zapatiste a semé le pommier pour qu’un jour, quand lui ne sera plus là, n’importe qui puisse cueillir une pomme mûre et être libre de décider s’il la mange dans un arrangement de fruits, sous forme de purée ou de l’un de ces détestables (pour Durito) sodas à la pomme.
Durito dit que la tâche des zapatistes est celle-ci : semer les graines et veiller à leur croissance. Durito dit que la tâche des autres êtres humains est de lutter pour être libres de choisir comment ils mangent la pomme qui viendra.
Durito dit que là est la différence entre les zapatistes et le reste des êtres humains : là où tous voient une pomme, le zapatiste voit une graine, s’éloigne et prépare la terre, sème la graine, en prend soin.
Sinon, dit Durito, les zapatistes sont pareils à tous les autres. À la rigueur plus laids, dit Durito, me regardant du coin de l’oeil enlever ma cagoule.


Pour lire les autres communiqués du sous commandant marcos, de l'EZLN, je vous invite fortement à commander et lire les deux tomes de Ya Basta.
 
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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 20:02

Ci dessous, un article du site : La Riposte

undefinedComme vous le savez peut-être, un appel à la délation a été diffusé dans des boîtes aux lettres, à Villiers-le-Bel, pour aider la police à trouver les auteurs des coups de feu tirés, au cours de la récente révolte. 

En ce qui nous concerne, nous vous offrons la possibilité de faire de la délation d’un autre genre, avec un choix beaucoup plus large de crimes à dénoncer. Comme Sarkozy, nous pouvons « préserver votre anonymat », si vous le souhaitez. 

Mais au lieu de vous verser de l’argent « en liquide » (selon une précision donnée par Le Figaro du 5 décembre), nous proposons de vous récompenser en publiant les crimes dénoncés dans notre journal La Riposte et sur notre site internet (www.lariposte.com). Voici une liste non exhaustive de suggestions :

Loyers trop chers Logements vétustes Logements surpeuplés
Locataires expulsés Personnes sans-abri Médicaments trop chers
Malades mal soignés Exploitation au travail Chantage patronal
Salaires impayés ou en retard Contrats précaires Salaires trop bas
Droits des salariés bafoués Syndicalistes intimidés Entreprises fermées
Retraites attaquées Inflation galopante Maladies professionnelles
Licenciements abusifs Pauvreté des chômeurs Quartiers délabrés
Environnement pollué Discriminations raciales Contrôles d’identité au faciès
Harcèlement policier Chasse aux étrangers Familles dans la pauvreté
Enfants mal vêtus, mal nourris Ecoles délabrées Prisons surpeuplées
Personnes expulsées du territoire Manipulation médiatique Politiciens véreux


Envoyez votre dénonciation à La Riposte, BP 80378, 75869 Paris Cedex 18, ou par e-mail à : redaction@lariposte.com. Mais n’en restez pas là ! On peut dénoncer, protester, se mettre en colère. Mais pour vraiment résister, changer les choses, devenir une force et agir, il faut se réunir, s’organiser, militer.
 

La Riposte a été créée pour cela. C’est une organisation qui se bat contre le chômage, contre les inégalités, contre le racisme et les injustices flagrantes engendrées par le capitalisme. Elle organise des réunions pour expliquer ses idées, pour combattre la désinformation médiatique – que ce soit sur la situation ici, en France, ou sur ce qui se passe dans le reste du monde : en Palestine, en Irak, au Venezuela, au Mexique, entre autres. 

En même temps, La Riposte défend des idées révolutionnaires, pour un vrai changement dans l’intérêt de ceux qui sont les victimes du capitalisme. Elle se bat pour mettre fin à un système où les grandes entreprises, les banques, les organismes de crédit et les chaînes de distribution sont sous le contrôle d’une petite minorité de capitalistes, qui use et abuse de sa position pour s’enrichir davantage, au détriment du reste de la société. Vous trouverez toutes les informations dont vous avez besoin au sujet de La Riposte sur son site internet (www.lariposte.com) ou dans son journal. Pour prendre contact, vous pouvez nous écrire aux adresses données ci-dessus.

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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 10:55
Coup de force ministériel contre l’enseignement professionnel !

Non à la généralisation du Bac Pro 3 ans !

Maintien des BEP 2 ans et des BAC PRO 2 ans

Abrogation de la L.R.U

 

Le Ministre de l’Education Nationale, Xavier Darcos, dans une note adressée aux recteurs ce 29 octobre 2007 a annoncé sans concertation la généralisation des bacs professionnels en 3 ans par le remplacement et à court terme la disparition des sections de BEP et en étendant son application à l’enseignement agricole.

 

Le Bac pro 3 ans est un dispositif dérogatoire et expérimental voulu par le patronat dans le but d’affaiblir tout l’édifice des diplômes nationaux et des conventions collectives. Le bilan de cette expérimentation à la fois dans les données chiffrées comme dans le rapport de l’IGEN (Inspection Générale de l’Education Nationale) montre que ce n’est pas une réussite.

 

Sous prétexte d’égalité de traitement des élèves des filières technologiques et professionnelles, le ministère vise en fait une diminution de l’offre de formation et la suppression de milliers de postes pour satisfaire à la logique budgétaire. (1500 suppressions envisagées dans l’académie pour le second degré). C’est une déqualification du Bac Pro amputé de 25 % du temps de formation professionnelle et générale.

 

En application de la note ministérielle, le Recteur de Lille annonce que, dans un premier temps pour la rentrée 2008, 25% des effectifs entrant aujourd’hui en BEP seront concernés par la nouvelle 2nd pro (1ère année du Bac Pro 3 ans). Mais à terme tous les actuels BEP seraient supprimés et tous les Bac Pro transformés.

 

Le ministre prétend favoriser la poursuite d’études vers les BTS des élèves issus de LP, en diminuant le temps de formation d’une année ! La réalité sera dramatique :
- fusion des voies technologique et professionnelle en dénaturant les deux voies de formation.
- Renforcement de l’exclusion par le recours à l’apprentissage, et cela dès le collège, pour les élèves en difficulté, alors que cette voie de formation est une voie d’échec.
- Renforcement du pouvoir décisionnel des Régions quant au choix des offres de formation au détriment de la formation initiale scolaire et de l’Education Nationale.

 

Une telle mesure s’inscrit dans le prolongement de l’ensemble des mesures visant au démantèlement de l’enseignement public et des diplômes nationaux qui y sont attachés.

 

Elle met en cause l’existence même des lycées professionnels et technologiques.

 

Dans notre académie, c’est l’existence des 3 voies de formation qui a permis l’élévation générale des qualifications. Ne les laissons pas détruire !

 

Nous EXIGEONS

 

- Le retrait de la note ministérielle du 29 octobre 2007 prévoyant la généralisation des bac pro 3 ans, ainsi que la circulaire rectorale du 14 novembre
- Le maintien des BEP et des Bac Pro 2 ans
- La création et le développement de classes passerelles vers la voie technologique (1ère d’adaptation, ainsi que vers les BTS)
- Le maintien de tous les postes enseignants, non enseignants ainsi que le réemploi des non titulaires ; et le refus de toute suppression de lycée professionnel.


Appel commun : CGT, CNT, EIL-SNETAA, FO, FSU, SUD 

GREVE LE JEUDI 20 DECEMBRE 

Manifestation à Lille, Porte de Paris à 14h30.
Créons la convergence : L.R.U, circulaires, suppressions de postes 
Même logique, même lutte !
 

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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 10:41
Communiqué de Presse
Mouvement Jeunes Communistes de France

Fédération du Nord


Ce lundi 17 décembre, vers 17h30, la police est descendue au local du Collectif des Sans Papiers 59 pour y effectuer une perquisition. Son représentat, Roland Diagne, a été auditionné.
 

Après s'en être pris aux étudiants, le gouvernement continue la répression sur les sans papiers, et cela la veille de la journée internationale des migrants.

 

Les Jeunes Communistes du Nord sont choqués face à ces pratiques, mais cela nous renforce dans notre détermination à lutter contre ceux qui profitent honteusement de l'exploitation du plus grand nombre.

 

Nous constatons que Brice Hortefeux est prêt à tout pour atteindre son quotat d'explusion avant la fin de l'année, et tan pis pour la manière tant que le résultat est la. Pour lui comme pour les autres membres de l'UMP, les sans papiers ne sont que des chiffres et des boucs émissaires auquels ils peuvent imputer tous les maux de la société : chômage, crise du logement, délinquances..

 

Mais malgré les discours officiels, l'objectif n'est pas tant d'expluser les sans papiers que de les réduire à la peur et au silence ! La présence de cette main d'oeuvre sans aucun droit est une aubaine pour les capitalistes qui peuvent leur imposer des conditions de travail digne d'un autre temps.

 
Pendant que les pires agissements ont lieu, les médias sont focalisés sur les informations people et la vie privée de Nicolas Sarkozy. Cependant, le peuple de France n'est pas dupe, et ne tardera pas à s'élever contre ceux qui ne rêve que d'expulsion et d'exploitation.

Lille, le 17 décembre 2007.



Le 18 décembre est la journée internationale des Migrants :
Veuillez trouver ici le tract du MJCF distibué pour l'occasion.


article.gifArticle 1 : Racisme et stigmatisation, les armes à diviser de la classe capitaliste.
Article 2 : LOI Hortefeux.
Article 3: Ceseda, j'y suis j'y reste j'y vote !
Catégorie sur les sans papiers


Rassemblement mercredi 19 décembre à 18 heures devant la Préfecture pour manifester son soutien aux sans papiers et à leurs représentants harcelés et son refus catégorique de la politique gouvernementale en matière d’immigration.
 
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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 13:35
CPS.HSJ34.061207193146.photo00-original.jpgMardi 18 décembre 2007,  14h30

Grand débat sur l'avenir de l'université et les enjeux autour de la loi L.R.U.

Ouvert à tous !

Lille III, Amphi EDF (ex amphi A)

> De la disparition programmée des disciplines "inutiles"...
Discipline qui - avec l'application de la LRU- seraient amenés à disparaitre a à être marginalisées (avec un regard particulier sur les lettres). Il sera également question de la professionnalisation. _Françoise Asso_

> Le système universitaire Australien...
A l'heure où les médias et le président de la République évoquent les modèles des autres pays développés : exemple d'un système universitaire qui a connu une loi similaire sur l'autonomie _ Naomi Toth _

>
Le discours de la loi et autour de la loi L.R.U.
Il sera question de la manière dont cette loi est présentée. _Nathalie Beauvois_

Et bien d'autres sujets..

Présence de Jean Fabbri, secrétaire général du SNESUP-FSU

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