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Voici désormais en ligne, en libre accès pour nos lecteurs, l'ensemble du matériel militant utilisé depuis la rentrée de septembre 2007.

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 14:24

Mumia Abu-Jamal quitte le couloir de la mort

États-Unis . La cour d’appel fédérale de Pennsylvanie a annulé hier sa condamnation à la peine capitale. Le combat pour que justice lui soit rendue demeure plus que jamais d’actualité.

Mumia Abu Jamal, cinquante-trois ans, n’est plus dans le couloir de la mort où il se trouvait depuis 1982. La cour d’appel fédérale de l’État de Pennsylvanie a annulé hier sa condamnation à mort par deux voix contre une. Cela signifie que le journaliste n’est plus aujourd’hui à la merci d’une exécution à tout moment. La décision constitue naturellement une première victoire considérable pour tous ceux, abolitionnistes, militants des droits de l’homme qui luttent depuis des années pour dénoncer l’injustice et l’abomination politique dont il est victime. Elle est un formidable encouragement pour que justice soit véritablement rendu à l’ex dirigeant des Blacks Panthers. Car, en cela, beaucoup de chemin reste encore à parcourir.

La décision de la cour de Philadelphie a confirmé en effet d’un même mouvement la condamnation de Mumia dans le meurtre du policier Daniel Faulkner le 9 décembre 1981. En d’autres termes, aux yeux de la justice US, le journaliste, qui clame son innocence, demeure coupable de meurtre. De plus, la décision maintient la possibilité pour l’accusation de se présenter une nouvelle fois devant un jury pour obtenir une nouvelle condamnation à mort. Et sinon la peine serait simplement commuée en réclusion criminelle à perpétuité.

L’affaire Mumia Abu-Jamal débute aux premières heures du 9 décembre 1981. Ce jour-là, au moment il déposait un client dans le sud de la ville de Philadelphie, Mumia - alors chauffeur de taxi (car déjà privé de l’exercice de son métier de journaliste) - est intervenu lors d’un contrôle policier dont était l’objet son frère William Cook. Eclate alors une fusillade au cours de laquelle le policier, Daniel Faulkner, est tué de deux balles. Quant à Mumia, il est grièvement blessé, touché dans la poitrine.

Se basant sur le fait que le policier a été tué par une balle de calibre 48 et que Mumia Abu Jamal disposait d’un revolver de calibre 48, les policiers concluent qu’il est l’auteur du crime, et ce, sans procéder à aucune expertise balistique. Bien que clamant son innocence, Mumia est victime d’une véritable cabale politico-judiciaire menée par un juge, Albert Sabo, connu pour ses liens avec les milieux d’extrême droite raciste. En effet, le témoignage de son frère, William Cook, affirmant que Mumia n’a pas tiré sur le policier, est écarté.

Des pressions et des menaces sont exercées sur des témoins affirmant n’avoir pas vu Mumia tirer sur le policier. Pis : la police n’a pas hésité à subordonner des témoins. C’est le cas de Cynthia White, principal témoin de l’accusation, qui n’était même pas présente sur les lieux du crime. Quant aux témoignages affirmant avoir vu une personne portant une veste de couleur verte tirant sur le policier avant de s’enfuir, ils n’ont pas été retenus par la cour.

Qui plus est, la présence de sang de groupe O sur les lieux de la tragédie alors que Mumia et le policier appartiennent au groupe sanguin A, n’a pas non plus été retenue… À cela s’ajoutent des rapports de police contradictoires. En dépit de ces faits relevés par les avocats de la défense, Mumia Abu-Jamal est condamné à la peine capitale en juillet 1982.

S’engage dès lors une campagne internationale pour sauver Mumia Abu-Jamal tandis que ses avocats, disséquant une enquête bâclée, caractérisée par de nombreuses irrégularités juridiques, n’ont cessé d’apporter des preuves de son innocence. Même l’aveu recueilli par un de ses avocats, Rachel WolKenstein, d’un ancien tueur à gages, Arnold Beverly, avouant avoir tué le policier Faulkner, dans le cadre d’un contrat maffieux, a été écarté par la cour comme étant peu crédible. Par deux fois, en 1995 et 1999, le gouverneur républicain de l’État de Pennsylvanie, Thomas Ridge, avait signé l’ordre d’exécution capitale à l’endroit de Mumia Abu Jamal. Ce dernier n’a dû d’avoir la vie sauve - sursis à son exécution - qu’à la mobilisation internationale.

L’acharnement politico-judiciaire dont a été victime Mumia Abu-Jamal s’explique par son engagement politique. Membre du parti Black Panther en 1969, Mumia Abu-Jamal, né Wesley Cook, va rapidement se trouver dans le collimateur du FBI comme personne présentant « une menace pour la sécurité nationale ». Devenu journaliste de radio, surnommé « la voix des sans-voix », pour sa critique de la corruption de la police et des dirigeants politique de Philadelphie, Mumia Abu-Jamal est finalement renvoyé des stations de radio où il exerçait. Pour vivre, il est contraint de travailler comme chauffeur de taxi de nuit. De sa cellule, dans le couloir de la mort, Mumia Abu-Jamal n’est pas resté inactif. Il a continué d’intervenir sur de nombreux sujets d’actualité, écrit un livre et des articles dans la presse, pris position contre la guerre en Irak. C’est un homme déterminé que Marie George Buffet et notre journaliste, Cathy Ceïbe, avaient rencontré en avril 2006 lors d’un voyage aux États-Unis.

Si pour l’heure, sa condamnation à mort a été annulée, on l’aura compris, la mobilisation la plus forte reste de mise afin que Mumia sorte enfin de la prison où il n’aurait jamais dû rentrer. C’est seulement à ce moment-là en effet que justice pourra lui être rendue.

Hassane Zerrouky

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Mumia : Peine de mort annulée : première victoire !!

La troisième court d’appel fédérale de Pennsylvanie vient d’annulé la condamnation à mort du journaliste noir américain Mumia Abu-Jamal, soupçonné du meurtre d’un policier de Philadelphie, en 1981.
Depuis vingt-sept ans, Mumia lutte pour prouver son innocence dans l’enfer du couloir de la mort. La mobilisation internationale et la solidarité avec le combat de Mumia ont permis à deux reprises d’empêcher son exécution. Aujourd’hui, la court d’appel indique que la peine de mort pour Mumia pourrait être transformée en peine de prison à perpétuité. Cette court accepte de reconnaître des irrégularités dans la procédure du jury qui avait prononcé sa condamnation à mort lors de son premier procès en 1982. Nous, jeunes et étudiants communistes, nous réjouissons de cette avancée significative dans la lutte pour la libération de Mumia Abu-Jamal, et nous saluons le travail considérable de sa défence. Même si Mumia est toujours considéré comme coupable par la justice américaine, cette décision porte un signe d’espoir pour que Mumia puisse bénéficier d’un nouveau procès. Nous sommes résolus à continuer la lutte aux côtés du Collectif Unitaire de Soutien à Mumia Abu-Jamal, pour qu’un nouveau procès ait lieu et que Mumia soit enfin libre. Cette lutte n’est pas seulement un combat contre la peine de mort, mais aussi un combat pour la justice et contre le racisme dont a fait l’objet Mumia lors du jugement de 1982.

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« Ma vie quotidienne dans le couloir de la mort »

Le 24 janvier 2007, Mumia Abu-Jamal adressait le témoignage suivant à l’Humanité, qui le publiait le 1er février, à l’occasion du 3e Congrès mondial contre la peine de mort réuni à Paris.

La vie quotidienne dans le couloir de la mort, c’est la négation totale de la vie. C’est la vie dans une boîte ou une cage pendant vingt heures chaque jour, cinq jours par semaine, attendant une date pour mourir, des années durant. C’est une vie passée pratiquement seul. Pendant que vous êtes 20 heures par jour dans cette boîte (ou 24 heures durant le week-end). Des camarades dans le couloir de la mort au Texas ont répondu à un tel traitement par le suicide. C’est une vie loin de votre famille, souvent à des centaines de miles d’eux. Si, par chance, il arrive qu’ils vous rendent visite, c’est une « visite » sous surveillance, derrière des vitres épaisses. C’est une visite sans contact, une visite en menottes.

La vie quotidienne dans le couloir de la mort est une vie sous la menace quotidienne de la mort. C’est une vie où le sort de quelqu’un peut dépendre d’un caprice. Où des stéréotypes racistes interfèrent souvent avec des réalités troubles ; où l’État cherche à tuer à petit feu… jour après jour.

Le couloir de la mort est une prison dans la prison, sous une prison, où un entourage restreint se moque bien de savoir si vous êtes en bonne santé ou malade, sain d’esprit ou fou. Vous êtes livré uniquement à vous-même. Votre journée est ce que vous en faites.

Laissez-moi vous donner un exemple pour montrer combien les choses ne sont pas déglinguées uniquement dans le couloir de la mort, qu’elles sont même déglinguées après ! En novembre 2005, Harold C. Wilson (de Philadelphie) a été acquitté lors d’un rejugement pour 3 meurtres, après dix-sept ans dans le couloir de la mort.

Aujourd’hui, Harold ne peut toujours pas trouver un emploi à cause de ses mises en accusation (même après acquittement) ; sa santé aussi s’est tellement détériorée, après des années à avoir dû marcher sur le sol bétonné avec les pantoufles bon marché, sans épaisseur, fournies par l’État, qu’il souffre en permanence des pieds et des genoux.

Il a été acquitté par un jury et le linceul des stigmates du couloir de la mort le couvre encore comme une nuée.

Il n’est plus dans le couloir de la mort, mais, dans un sens, il est encore dans le couloir de la mort dans les rues de Philadelphie.

Mumia Abu-Jamal, couloir de la mort, États-Unis, le 24 janvier 2007


Retrouvez ICI l'article du Collectif unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal.

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