Les grands médias : Opium du peuple dans les mains de Sarkozy et des capitalistes
Pas si simple. Mais certains faits
sont troublants. Une télévision H24 sous influence, qui subit à pluie battante les pressions : coups de fil, conseils, pressions, et sans doute et aussi une bonne dose d'autocensure de la part
des chaînes de peur de déplaire, l'ombre de Sarkozy et ses amis capitalistes plane sur les JT. La crise des banlieues de 2005 en est l'illustration toute spéciale. Novembre de cette année-là,
7 à 8 (TF1) saisit en caméra cachée une provocation policière envers des jeunes. Savon du directeur de l'information. Le dimanche suivant, l'émission contrebalance avec les interviews de
maires de banlieues chaudes. Le 10 novembre, cette fois, c'est France 2 qui diffuse dans son JT les images du tabassage de jeunes par des policiers. Ceux-ci sont suspendus. Arlette Chabot décide
d'ôter le reportage du site web de France 2 : «Nous ne voulions pas tomber dans la surenchère.» En août dernier, le ministre de l'Intérieur, invité à TF1 pour une interview, en profite
pour passer un savon mémorable à un journaliste. La raison ? Un reportage sur les sans-papiers de Cachan, jugé trop complaisant. Autre affaire : le 7 mars 2006, la veille d'un délicat voyage du
ministre aux Antilles, TF1 annonce que le joker de PPDA sera désormais le journaliste noir et antillais Harry Roselmack. Un bien beau hasard n'arrivant jamais seul, Sarkozy est déjà au courant.
Le 17 février 2007, recevant Place Beauvau le club Averroes, qui défend l'image des minorités dans les médias, le ministre de l'Intérieur avait en effet annoncé la nouvelle : il y aura, cet été,
un Noir au 20 heures. D'ici à ce que ce soit Sarkozy qui ait lui-même soufflé l'idée à Bouygues... Plus récemment, ainsi que le raconte cette semaine le Canard enchaîné, Claude Guéant,
directeur de campagne de Sarkozy, a tenté de s'assurer auprès de Patrick de Carolis, président de France Télévisions, que les émissions de Georges-Marc Benhamou, récent soutien de l'UMP, seraient
bien reconduites à la rentrée. Raté : Carolis l'a envoyé sur les roses. Une autre fois encore, lors de l'interview de Sarkozy sur TF1 par PPDA et François Bachy, un détail amusant : plusieurs
plans ont montré que, sous la table, le candidat de l'UMP avait enlevé ses chaussures. Sarkozy en chaussettes ! Il se croit chez lui, ou quoi ? Sans compter les dernières et plus récentes oeuvres
du Sarkoman : les pubs bientôt supprimées chez France Télévision, une taxe toute nouvelle sur l'électroménager pour combler, une fois de plus ce sont les contribuables extra-contribuants qui
paient la note, salée en plus ! Mais le pire est que Môssieurs Sarkozy fanfaronne : «C'est normal. J'ai été ministre de la Communication.» Et il ajoute : «Je les connais,
les journalistes.» Mais c'est fou, il connaît tout ! Omniscience, omnipotence ... Mais c'est sans doute sur Paris Match que les interventions de Nicolas Sarkozy ont été les plus
directes et les plus pressantes. Témoin, l'incroyable limogeage de l'ancien patron de Paris Match, Alain Genestar. Témoin aussi, depuis, le chouchoutage du candidat. Ah ! ce titre «Un
destin en marche», dont a bénéficié Sarkozy en décembre 2006 (sans parler des huit pages lui étant dédiées). Mais si c'était tout. Très déboussolant aussi, le tout récent «outing» de Joseph
Macé-Scaron, actuellement directeur adjoint de la rédaction de Marianne , dans l'émission On refait le monde du 16 avril 2007 sur RTL : «J'ai démissionné du
Figaro Magazine [en juin 2005], tout simplement parce que j'ai refusé de tailler des pipes à M. Nicolas Sarkozy.» Direct. Aussi déconcertant que les coups de fil de Sarkozy à Edouard de
Rothschild (actionnaire de référence de Libération) pour se plaindre... Ah le petit Nicolas fait des siennes. Nicolas passe, les médias trépassent mais le dossier n'est pas encore classé
... Affaire à suivre.
Wassinia ZIRAR
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