Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : MJCF, Mouvement des Jeunes Communistes de France, JC seclin, Section du Pévèle Mélantois
  • MJCF, Mouvement des Jeunes Communistes de France, JC seclin, Section du Pévèle Mélantois
  • : Jc Seclin, Blog des Jeunes Communistes du pévèle et du mélantois. Construire la révolution, quotidiennement! Défendre le service public et gagner de nouveaux droits pour les Jeunes! La diversité dans l'unité ! La réflexion dans l'action ! Pour lutter, pour s'organiser, pour défendre un partage des richesses, des pouvoirs et des savoirs : Rejoins la JC !
  • Contact

Matériel Militant

ARCHIVES DE L UNION DE VILLES
Voici désormais en ligne, en libre accès pour nos lecteurs, l'ensemble du matériel militant utilisé depuis la rentrée de septembre 2007.

Contact

papa

Archives

Radio Révolution

28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 12:01

La Société Générale invente le Dreyfus-Trader

arton980-ed1c0.jpgLa Société Générale, troisième plus grande banque française, a annoncé une perte de 7 milliards d’Euros, dont 4,9 milliards aurait pour origine « une fraude interne », du fait d’un seul employé.

 

Incompétent notoire, fraudeur génial ou grossière manipulation de communication, les experts financiers ont déjà tranché : un seul homme ne peut être responsable d’une fraude d’une telle ampleur.

 

Depuis plusieurs semaines, la crise financière s’aggrave, provoquant même un véritable Krach boursier ces derniers jours. Dans ce paysage financier apocalyptique, tout les coups de communications sont permis pour masquer la faillite du capitalisme financier. Quel dramatique aveu d’échec pour la troisième banque française, et plus largement pour le système financier que d’être dans l’incapacité à s’auto-réguler !

 

C’est ainsi, que la Société Générale invente le dreyfus-trader. Plus c’est gros, plus ça passe.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Ryckelynck Yannick 10/04/2008 17:28

 
APPEL DES ECONOMISTES : LE DEBAT A GAUCHE ET LA QUESTION DE LA PROPRIETE DES BANQUES.
Fin mars, un appel international d’économistes contre la liberté de mouvement des capitaux en Europe a été simultanément publié par : L’Humanité, Le Monde diplomatique, Politis, l’émission Là-bas si j’y suis, Flamman (Suède), Trybuna Robotnicza (Pologne), Publico (Espagne), Il Manifesto (Italie), Tageszeitung (Allemagne).
Son succès a été immédiat, au point que le site internet de cette pétition a parfois été saturé. En dénonçant la spéculation financière et la crise qu'elle a provoqué, ce texte colle à une actualité brûlante, tout en visant un objectif limité : il demande seulement l'abrogation des articles 48 et 56 du traité de Lisbonne, l'un relatif à la liberté d'implantation des institutions financières et l'autre interdisant toute restriction à la liberté de circulation des capitaux. Il s'agit, pour ses auteurs, de « lancer le débat » , selon une tradition bien ancrée au sein d'une « gauche de la gauche » souvent plus bavarde qu'efficace.
Grande crise mais modeste ambition des pétitionnaires, revendication portant à nouveau sur un traité dont l'adoption est un des rares succès récents de Nicolas Sarkosy, interrogations sur la possibilité et l'efficacité d'éventuelles restrictions aux mouvements de capitaux au sein de la zone Euro : la démarche devait nécessairement soulever des interrogations chez les militants avertis.
J'ai adressé à certains signataires un texte critique portant entre autres sur les points suivants:
- l'appel oublie de rappeler que liberté de circulation des capitaux découle en premier lieu de l'Acte Unique Européen, le chef d'oeuvre de Jacques Delors voulu et réalisé par les socialistes européens, au premier rang desquels les socialistes français. En fait, contrôler démocratiquement les mouvements de capitaux en Europe obligerait à remettre en cause tous les traités européens et notamment ceux de Maastricht,soutenu par le PS et d'Amsterdam, négocié par le gouvernement PS-PCF-Verts de Lionel Jospin.
- l'appel se contente de demander l'abrogation de deux articles du seul traité de Lisbonne. La situation était-elle donc plus satisfaisante avant l'adoption de cet accord international? En réalité, la domination de la société par le capital financier est bien plus large que la seule liberté de circulation des capitaux. Au demeurant, même dans l'hypothès où un gouvernement voudrait utiliser une possibilité juridique de restreindre cette liberté, les spéculateurs, banques et sociétés transnationales n'auraient aucun mal à contourner les mesures de restriction (Voir, par exemple, l'interview de Jean-Paul Fitoussi dans le dernier numéro d'Alternatives Economiques.)
 
La revendication formulée dans l'appel revient en fait à demander le rétablissement d'une sorte de contrôle des changes, qui a échoué dans le passé, et dont on se demande quel sens il pourrait avoir au sein d'une zone monétairement unifiée comme la zone euro. Les signataires songent-ils à remettre en cause l'Euro et à demander le rétablissement du Franc, dont le coût économique pourrait être énorme? Oublient-ils que la création de l'Euro, comme tous les instruments forgés par le capitalisme, a un aspect contradictoire, et que le versant positif pour la France en est la disparition de la contrainte extérieure, puisque le risque d'une dévaluation de la monnaie nationale a disparu1?
 
La remise en cause de la dictature du capital financier doit être globale et permettre un financement des entreprises par d'autres mécanismes que ceux des marchés spéculatifs. C'est la propriété privée des banques qui permet aux capitalistes de contrôler l'économie dans son ensemble. Il faut avoir le courage politique d'en tirer la conclusion qui s'impose: la seule solution réaliste à la crise fiancière réside dans la nationalisation, ou mieux, compte tenu de la dimension internationale des questions financières, dans l'Européanisation (propriété publique europénne) de l'ensemble du système bancaire. Il pourrait ainsi être transformé en un service public européen de financement de l'économie, au service du monde du travail.
(Les capitalistes et les libéraux britanniques ont donné le bon exemple en nationalisant la banque Northern Rock : eux au moins ne s'embarassent pas de considérations idéologiques et savent faire tomber les quand leurs intérêts fondamentaux sont en jeu. )
J'avoue avoir été déçu par les réponses de deux des signataires.
Pour Frédéric Lordon, « (...) vous ne connaissez pas les travaux, les propositions des signataires et (...) vous méconnaissez les contraintes qui pèsent sur la rédaction d'un texte de pétition.
1. Des idées, telles que celles que vous appelez de vos voeux, nous en avons, nous les avons exprimées depuis un certain temps -- pour ma part depuis un an déjà, j'ai proposé un mécanisme appelé SLAM pour limiter la rémunération des actionnaires et leur ôter toute incitation à la surexploitation indéfinie des salariés.
2. Mais ça n'est pas avec des idées "techniques" qu'on fait une pétition ouverte au plus grand nombre sauf si on souhaite rester entre économistes -- ce qui n'est pas bien malin. Il nous fallait donc un objectif plus général et précis en même temps. D'où l'art 56


Personne d'entre nous n'a jamais dit que l'art.56 abrogé, tout était terminé. Nous considérons cette abrogation comme le PRELABLE au déploiement de toutes nos autres propositions (...) »


 
Certaines réponses à la réponse s'imposaient d'elles-mêmes :1 Je me suis intéressé à la proposition de SLAM mais il me semble qu'elle n'a pas été formulée pour répondre à la question de la crise financière. Je ne vois pas en quoi cette proposition entrerait en contradiction avec la revendication de la nationalisation-européanisation des banques.
 
2 « Ce n'est pas avec des questions techniques qu'on fait une pétition ouverte au plus grand nombre ». Deux articles d'un traité, dont un relatif à une question aussi complexe que celle de la liberté de circulation des capitaux, constituent bien un sujet technique. Le choix d'un tel thème de campagne me semble d'ailleurs poser un problème stratégique évoqué plus haut.Il serait nettement plus habile de ne pas se placer sur un terrain choisi par l'adversaire et , sur la forme (mais ça compte) de cesser de simplement s'opposer, d'être seulement « « contre » ». Il faut faire porter le débat publique sur une question qui mette l'adversaire en difficulté. La proposition de nationaliser-européaniser les banques se prêterait très bien à une pétition populaire.
 
3 « Personne d'entre nous n'a jamais dit que l'art.56 abrogé, tout était terminé. » Une question vient immédiatement à l'esprit, celle de savoir si la situation qui préexistait à la ratification du traité de Lisbonne était préférable à celle qu'il a créée. En fait, l'article 56 n'a rien changé : la libre circulation des capitaux était déjà la règle en vigeur depuis l'adoption de l'Acte Unique et du traité de Maastrichtdont l'appel ne parle pas. L'abrogation de l'artcle 56 n'aurait aucun effet juridique!
 
Pour Geneviève Azam :« Cette pétition n'est pas une analyse globale de la crise du capitalisme (...)Nous l'avons conçue comme une possibilité de lancer un débat public sur le sujet de la crise financière(...)Mais il est vrai, comme vous le dites, que remettre en cause ces articlesremet en cause l'édifice de la construction européenne.Et je ne crois pas qu'exproprier la classe dominante puisse faire l'objetd'une pétition, il faudra un autre rapport de force, qui reste àconstruire... modestement cette pétition voudrait y contribuer ».
Là aussi, les réponses à Geneviève Azam coulent de source :
Une analyse globale du capitalisme n'a pas sa place dans une pétition, mais ce n'est pas l'objet des objections à la pétition! Après le succès du « « non » » au projet de traité constitutionnel européen, le rejet de l'Europe libérale est largement répandu dans l'opinion. Il faut donc passer à l'étape suivante : ne plus seulement se placer sur le terrain choisi par nos adversaires et apparaître comme de simples opposants « nonistes », mais proposer des solutions aux problèmes les plus urgents.
 
Il faut constater avec regret que ni F. Lordon ni G. Azam ne donne leur avis sur la revendication de la nationalisation-européanisation des banques.
 
Ils ne répondent pas davantage sur les nombreux problèmes qui se poseraient à un gouvernement qui voudrait contrôler les mouvements de capitaux sans nationaliser les banques. Dans une zone monétaire unifiée, on peut faire confiance à l'habilité des banquiers et des patrons pour contourner toutes mesures qui seraient prises en ce sens, et qui supposeraient d'ailleurs la mise en place d'un système de police financière particulièrement développé et donc coûteux et bureaucratique. Le seul moyen efficace de contrôler les mouvements de capitaux est de prendre le contrôle direct des banques et de placer à leur tête des dirigeants chargés de mettre en oeuvre une politique nationale et européenne définie démocratiquement.
 
Pour nombre de militants,il convient de faire porter le débat sur des propositions remettant clairement en cause la propriété capitaliste. La réalisation d'un tel objectif nécessite évidemment un rapport de force bien différent de celui d'aujourd'hui, mais nous avons devant nous une opportunité historique. Avec la crise des marchés financiers, c'est le coeur même du capitalisme sous sa forme actuelle qui en devient le point faible. C'est donc là qu'il faut attaquer. La nationalisation de Northern Rock, les prises de participation de fonds souverains, donc d'états, dans le capital de certaines banques américaines, les appels nombreux à une intervention de la puissance publique et les interventions massives des banques centrales rendent crédible la revendication de la transformation du système bancaire en un service public européen. Il est facile de faire le lien entre l'activité bancaire et celle des entreprises, d'expliquer comment des banques au service du monde du travail pourrait rapidemment financer à un coût raisonnable les investissements et donc les créations d'emploi dont nous avons cruellement besoin, comment elles pourraient financer bien mieux les créations d'entreprises nouvelles, la recherche de solutions technologiques aux défis environnementaux, etc.
 
Bien évidemment, l'idée même de nationalisation est, du point de vue dominant, notamment au sein de la gauche caviar, archaïque, ridicule, et portée par des gens qui rêvent de reconstruire en France l'URSS de Staline ou l'Albanie d'Enver Hoxha1... Il est certain que des universitaires, qui sont du fait même de leur fonction et de leur être social, particulièrement exposés aux pressions idéologiques, prendraient un risque terrible à soutenir une telle idée : ils attireraient sourires et sarcasmes de nombre de leurs collègues, seraient tournés en ridicule dans les colloques où ne s'expriment que les « gens sérieux » et pourraient même être un jour cloués au pilori par Libération ou tout autre organe de la gauche caviar. A moins que dans la tourmente actuelle, après avoir été dépassés sur leur gauche par Gordon Brown, ils le soient par un mouvement irrésistible porté par une crise sans précédent et qu'ils se mettent à la remorque d'une Histoire qui verra revenir en force l'Etat et l'intervention publique.
 
Yannick Ryckelynck, le 08/04/08
 

1Voir, par exemple, le point de vue de Danielle Bleitrach dans son article «Pourquoi la gauche française ne parle plus des nationalisations et se réserve les moeurs? » publié le 20 février 2008 sur le site Le Grand Soir (www.legrandsoir.info)

Retrouvez l'intégralité du débat sur http://europe-rouge.over-blog.fr/

1

Ryckelynck Yannick 10/04/2008 17:28

 
APPEL DES ECONOMISTES : LE DEBAT A GAUCHE ET LA QUESTION DE LA PROPRIETE DES BANQUES.
Fin mars, un appel international d’économistes contre la liberté de mouvement des capitaux en Europe a été simultanément publié par : L’Humanité, Le Monde diplomatique, Politis, l’émission Là-bas si j’y suis, Flamman (Suède), Trybuna Robotnicza (Pologne), Publico (Espagne), Il Manifesto (Italie), Tageszeitung (Allemagne).
Son succès a été immédiat, au point que le site internet de cette pétition a parfois été saturé. En dénonçant la spéculation financière et la crise qu'elle a provoqué, ce texte colle à une actualité brûlante, tout en visant un objectif limité : il demande seulement l'abrogation des articles 48 et 56 du traité de Lisbonne, l'un relatif à la liberté d'implantation des institutions financières et l'autre interdisant toute restriction à la liberté de circulation des capitaux. Il s'agit, pour ses auteurs, de « lancer le débat » , selon une tradition bien ancrée au sein d'une « gauche de la gauche » souvent plus bavarde qu'efficace.
Grande crise mais modeste ambition des pétitionnaires, revendication portant à nouveau sur un traité dont l'adoption est un des rares succès récents de Nicolas Sarkosy, interrogations sur la possibilité et l'efficacité d'éventuelles restrictions aux mouvements de capitaux au sein de la zone Euro : la démarche devait nécessairement soulever des interrogations chez les militants avertis.
J'ai adressé à certains signataires un texte critique portant entre autres sur les points suivants:
- l'appel oublie de rappeler que liberté de circulation des capitaux découle en premier lieu de l'Acte Unique Européen, le chef d'oeuvre de Jacques Delors voulu et réalisé par les socialistes européens, au premier rang desquels les socialistes français. En fait, contrôler démocratiquement les mouvements de capitaux en Europe obligerait à remettre en cause tous les traités européens et notamment ceux de Maastricht,soutenu par le PS et d'Amsterdam, négocié par le gouvernement PS-PCF-Verts de Lionel Jospin.
- l'appel se contente de demander l'abrogation de deux articles du seul traité de Lisbonne. La situation était-elle donc plus satisfaisante avant l'adoption de cet accord international? En réalité, la domination de la société par le capital financier est bien plus large que la seule liberté de circulation des capitaux. Au demeurant, même dans l'hypothès où un gouvernement voudrait utiliser une possibilité juridique de restreindre cette liberté, les spéculateurs, banques et sociétés transnationales n'auraient aucun mal à contourner les mesures de restriction (Voir, par exemple, l'interview de Jean-Paul Fitoussi dans le dernier numéro d'Alternatives Economiques.)
 
La revendication formulée dans l'appel revient en fait à demander le rétablissement d'une sorte de contrôle des changes, qui a échoué dans le passé, et dont on se demande quel sens il pourrait avoir au sein d'une zone monétairement unifiée comme la zone euro. Les signataires songent-ils à remettre en cause l'Euro et à demander le rétablissement du Franc, dont le coût économique pourrait être énorme? Oublient-ils que la création de l'Euro, comme tous les instruments forgés par le capitalisme, a un aspect contradictoire, et que le versant positif pour la France en est la disparition de la contrainte extérieure, puisque le risque d'une dévaluation de la monnaie nationale a disparu1?
 
La remise en cause de la dictature du capital financier doit être globale et permettre un financement des entreprises par d'autres mécanismes que ceux des marchés spéculatifs. C'est la propriété privée des banques qui permet aux capitalistes de contrôler l'économie dans son ensemble. Il faut avoir le courage politique d'en tirer la conclusion qui s'impose: la seule solution réaliste à la crise fiancière réside dans la nationalisation, ou mieux, compte tenu de la dimension internationale des questions financières, dans l'Européanisation (propriété publique europénne) de l'ensemble du système bancaire. Il pourrait ainsi être transformé en un service public européen de financement de l'économie, au service du monde du travail.
(Les capitalistes et les libéraux britanniques ont donné le bon exemple en nationalisant la banque Northern Rock : eux au moins ne s'embarassent pas de considérations idéologiques et savent faire tomber les quand leurs intérêts fondamentaux sont en jeu. )
J'avoue avoir été déçu par les réponses de deux des signataires.
Pour Frédéric Lordon, « (...) vous ne connaissez pas les travaux, les propositions des signataires et (...) vous méconnaissez les contraintes qui pèsent sur la rédaction d'un texte de pétition.
1. Des idées, telles que celles que vous appelez de vos voeux, nous en avons, nous les avons exprimées depuis un certain temps -- pour ma part depuis un an déjà, j'ai proposé un mécanisme appelé SLAM pour limiter la rémunération des actionnaires et leur ôter toute incitation à la surexploitation indéfinie des salariés.
2. Mais ça n'est pas avec des idées "techniques" qu'on fait une pétition ouverte au plus grand nombre sauf si on souhaite rester entre économistes -- ce qui n'est pas bien malin. Il nous fallait donc un objectif plus général et précis en même temps. D'où l'art 56


Personne d'entre nous n'a jamais dit que l'art.56 abrogé, tout était terminé. Nous considérons cette abrogation comme le PRELABLE au déploiement de toutes nos autres propositions (...) »


 
Certaines réponses à la réponse s'imposaient d'elles-mêmes :1 Je me suis intéressé à la proposition de SLAM mais il me semble qu'elle n'a pas été formulée pour répondre à la question de la crise financière. Je ne vois pas en quoi cette proposition entrerait en contradiction avec la revendication de la nationalisation-européanisation des banques.
 
2 « Ce n'est pas avec des questions techniques qu'on fait une pétition ouverte au plus grand nombre ». Deux articles d'un traité, dont un relatif à une question aussi complexe que celle de la liberté de circulation des capitaux, constituent bien un sujet technique. Le choix d'un tel thème de campagne me semble d'ailleurs poser un problème stratégique évoqué plus haut.Il serait nettement plus habile de ne pas se placer sur un terrain choisi par l'adversaire et , sur la forme (mais ça compte) de cesser de simplement s'opposer, d'être seulement « « contre » ». Il faut faire porter le débat publique sur une question qui mette l'adversaire en difficulté. La proposition de nationaliser-européaniser les banques se prêterait très bien à une pétition populaire.
 
3 « Personne d'entre nous n'a jamais dit que l'art.56 abrogé, tout était terminé. » Une question vient immédiatement à l'esprit, celle de savoir si la situation qui préexistait à la ratification du traité de Lisbonne était préférable à celle qu'il a créée. En fait, l'article 56 n'a rien changé : la libre circulation des capitaux était déjà la règle en vigeur depuis l'adoption de l'Acte Unique et du traité de Maastrichtdont l'appel ne parle pas. L'abrogation de l'artcle 56 n'aurait aucun effet juridique!
 
Pour Geneviève Azam :« Cette pétition n'est pas une analyse globale de la crise du capitalisme (...)Nous l'avons conçue comme une possibilité de lancer un débat public sur le sujet de la crise financière(...)Mais il est vrai, comme vous le dites, que remettre en cause ces articlesremet en cause l'édifice de la construction européenne.Et je ne crois pas qu'exproprier la classe dominante puisse faire l'objetd'une pétition, il faudra un autre rapport de force, qui reste àconstruire... modestement cette pétition voudrait y contribuer ».
Là aussi, les réponses à Geneviève Azam coulent de source :
Une analyse globale du capitalisme n'a pas sa place dans une pétition, mais ce n'est pas l'objet des objections à la pétition! Après le succès du « « non » » au projet de traité constitutionnel européen, le rejet de l'Europe libérale est largement répandu dans l'opinion. Il faut donc passer à l'étape suivante : ne plus seulement se placer sur le terrain choisi par nos adversaires et apparaître comme de simples opposants « nonistes », mais proposer des solutions aux problèmes les plus urgents.
 
Il faut constater avec regret que ni F. Lordon ni G. Azam ne donne leur avis sur la revendication de la nationalisation-européanisation des banques.
 
Ils ne répondent pas davantage sur les nombreux problèmes qui se poseraient à un gouvernement qui voudrait contrôler les mouvements de capitaux sans nationaliser les banques. Dans une zone monétaire unifiée, on peut faire confiance à l'habilité des banquiers et des patrons pour contourner toutes mesures qui seraient prises en ce sens, et qui supposeraient d'ailleurs la mise en place d'un système de police financière particulièrement développé et donc coûteux et bureaucratique. Le seul moyen efficace de contrôler les mouvements de capitaux est de prendre le contrôle direct des banques et de placer à leur tête des dirigeants chargés de mettre en oeuvre une politique nationale et européenne définie démocratiquement.
 
Pour nombre de militants,il convient de faire porter le débat sur des propositions remettant clairement en cause la propriété capitaliste. La réalisation d'un tel objectif nécessite évidemment un rapport de force bien différent de celui d'aujourd'hui, mais nous avons devant nous une opportunité historique. Avec la crise des marchés financiers, c'est le coeur même du capitalisme sous sa forme actuelle qui en devient le point faible. C'est donc là qu'il faut attaquer. La nationalisation de Northern Rock, les prises de participation de fonds souverains, donc d'états, dans le capital de certaines banques américaines, les appels nombreux à une intervention de la puissance publique et les interventions massives des banques centrales rendent crédible la revendication de la transformation du système bancaire en un service public européen. Il est facile de faire le lien entre l'activité bancaire et celle des entreprises, d'expliquer comment des banques au service du monde du travail pourrait rapidemment financer à un coût raisonnable les investissements et donc les créations d'emploi dont nous avons cruellement besoin, comment elles pourraient financer bien mieux les créations d'entreprises nouvelles, la recherche de solutions technologiques aux défis environnementaux, etc.
 
Bien évidemment, l'idée même de nationalisation est, du point de vue dominant, notamment au sein de la gauche caviar, archaïque, ridicule, et portée par des gens qui rêvent de reconstruire en France l'URSS de Staline ou l'Albanie d'Enver Hoxha1... Il est certain que des universitaires, qui sont du fait même de leur fonction et de leur être social, particulièrement exposés aux pressions idéologiques, prendraient un risque terrible à soutenir une telle idée : ils attireraient sourires et sarcasmes de nombre de leurs collègues, seraient tournés en ridicule dans les colloques où ne s'expriment que les « gens sérieux » et pourraient même être un jour cloués au pilori par Libération ou tout autre organe de la gauche caviar. A moins que dans la tourmente actuelle, après avoir été dépassés sur leur gauche par Gordon Brown, ils le soient par un mouvement irrésistible porté par une crise sans précédent et qu'ils se mettent à la remorque d'une Histoire qui verra revenir en force l'Etat et l'intervention publique.
 
Yannick Ryckelynck, le 08/04/08
 

1Voir, par exemple, le point de vue de Danielle Bleitrach dans son article «Pourquoi la gauche française ne parle plus des nationalisations et se réserve les moeurs? » publié le 20 février 2008 sur le site Le Grand Soir (www.legrandsoir.info)

Retrouvez l'intégralité du débat sur http://europe-rouge.over-blog.fr/

1